La Copie de Coralie de Nicolas Engel

Autrefois, j’ai aimé une femme

Un scooter rose trendy parcourant les rues d’une ville grise, un magasin de reprographie aux allures de bar-tabac, un gérant enfermé dans le souvenir d’une femme aimée, et une assistante qui a tout d’un ange gardien, tels sont les ingrédients de « La Copie de Coralie », le deuxième film de Nicolas Engel.

Sélectionné l’an dernier, à Cannes, à la Semaine Internationale de la Critique, et lauréat de nombreux prix remportés dans le monde, « La Copie de Coralie » dresse le portrait d’un homme hanté par le souvenir d’une femme. Témoin du désarroi de son patron Monsieur Conforme (Serge Riaboukine), gérant du magasin « Copie Conforme », Virginie, son assistante (Jeanne Cherhal) décide de prendre les choses en mains, et placarde les murs de la ville de l’effigie de la belle disparue.

Dans une atmosphère teintée de nostalgie, la reproduction devient un moyen efficace et concret de faire ressurgir le passé. L’image du souvenir se voit dès lors dupliquée à l’infini, tout en n’étant qu’une pâle copie de l’originale. Celle-ci se sent par ailleurs obligée de porter une perruque pour être conforme à la copie. Dans le dédale des faux-semblants, Nicolas Engel pose une réflexion personnelle sur le souvenir et l’amour, si étroitement liés dans son travail.

La musique de Philippe Poirier (du groupe Kat Onoma) habite véritablement le film pour incarner un personnage à part entière. Le compositeur offre une partition qui colle à l’univers du court métrage, mêlant sons d’ambiance (tintamarre mécanique et récurrent des photocopieuses et du tiroir-caisse), phrasé légèrement vieillot glissant subtilement vers le chant, accords de guitare et notes électroniques. Avec « La Copie de Coralie », Engel s’écarte volontairement de la rigueur formelle de son premier film, « Les Voiliers du Luxembourg »  (2005), pour se rapprocher d’une musique plus libre qui sied bien au film. L’enregistrement des mélodies, en son direct, permet d’ailleurs la souplesse et la légèreté nécessaires à cette narration épurée.

Avec ce deuxième opus, le cinéaste nous livre une comédie chantée à l’accent grave et nostalgique, aux intonations naturelles et légères. Poursuivant par là son exploration du film musical où l’on devine l’influence de Demy et de son monde enchanteur.

Marie Bergeret

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Article associé : l’interview de Nicolas Engel

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