Tous les articles par Katia Bayer

FIFF 2010 : le palmarès du court

Compétition internationale

Bayard d’Or du Meilleur Court Métrage – Prix François-Bovesse : « Lord » d’Adrian Sitaru (Roumanie)

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Prix du Jury : « Aglaée » de Rudi Rosenberg (France)

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Compétition Nationale

Prix du Meilleur Court Métrage : « Caniche » de Noémie Marsily et Carl Roosens (Belgique)

Prix du Jury : « Dissonance » d’Anne Leclercq (Belgique)

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Prix de la Meilleure photographie : Sara Sponga & Digital Graphics pour le film « Le Concile Lunatique » de Christophe Gautry et Arnaud Demuynck (Belgique/France)

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Prix d’interprétation : Catherine Grosjean pour le film « L’Heure bleue » de Michael Bier et Alice De Vestele (Belgique)

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Prix du public : « Nuit Blanche » de Samuel Tilman

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Soirée Bref, « Carte blanche au 25ème festival de Brest »

Rendez-vous incontournable du nouveau cinéma, le Festival européen du film court de Brest célèbre cette année son 25e anniversaire. Avec plus de 48 000 entrées, il est le deuxième événement cinématographique dans sa catégorie en France, s’avérant un véritable lieu de découverte de talents. Pascale Ferran, Lukas Moodysson, Michel Gondry, Jean-Marc Moutout, Joachim Lafosse y ont notamment été révélés.

La sélection rassemble quelque 200 films, surtout des œuvres de fiction qui composent la compétition. Au menu de sa prochaine édition : le cinéma britannique et une rétrospective des meilleurs courts européens des 25 dernières années.

Bernard Boulad, directeur artistique

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Ménage de Pierre Salvadori (France, 1992, 35 mm, couleur, 12 mn)

Syn. : Blanche est une maniaque du ménage ; Colette, après avoir passé une nuit blanche très mouvementée, lui rend visite…

Kill the Day de Lynne Ramsay (France/Royaume-Uni, 1996, 35 mm, couleur, 17 mn. VOST français)

Syn. : Glasgow, 1996. Des journées à tuer, de l’argent à trouver, une peine de prison à tirer, et la drogue toujours là, comme solution et comme menace.

Smáfuglar (Les moineaux) de Rúnar Rúnarsson (Islande, 2008, Beta SP, couleur, 15 mn. VOST français)

Syn. : Une nuit d’été lumineuse où un groupe de jeunes adolescents passe de l’innocence à la dure réalité de l’âge adulte.

Nue de Catherine Bernstein (France, 2008, 35 mm, couleur, 8 mn)

Syn. : Une femme est nue. Elle est filmée par sa fille qui s’attarde sur des détails de son corps.

Universal Spring de Anna Karasinska (Pologne, 2009, Beta SP, couleur, 17 mn. VOST anglais)

Syn. : Des tranches de vies saisies lors d’une journée de printemps dans une tour d’HLM évoquent la fragilité de la vie.

Le signaleur de Benoît Mariage (Belgique, 1997, 35 mm, noir et blanc, 18 mn)

Syn. : Le “vieux” est pensionnaire dans l’hospice d’un petit village. Il n’a plus guère qu’un plaisir : tirer au sort laquelle des quatre tartines qui composent son repas il mangera en premier…

Infos : Soirée Bref, « Carte blanche au 25ème festival de Brest » : mardi 12 octobre · 20:30 – 22:00 – Séance à 20h30

MK2 Quai de Seine – 14 Quai de la Seine – 75019 Paris – M° Jaurès ou Stalingrad – Entrée payante

T comme Translating Edwin Honig : A Poet’s Alzheimer’s

Fiche technique

Synopsis : Un engagement émotionnel avec le poète et traducteur Edwin Honig, un homme dont la vie était composée de mots mais qui est maintenant souvent limitée aux sons.

Genre : Documentaire

Durée : 19′

Pays : Etats-Unis

Année : 2010

Réalisation : Alan Berliner

Scénario : Alan Berliner

Image : Ian Vollmer

Son : Bill Seery

Correction Couleur : Mónica Savirón

Production : Alan Berliner

Article associé : la critique du film

Translating Edwin Honig : A Poet’s Alzheimer’s d’Alan Berliner

Etre et ne plus être

Alan Berliner, à ne pas confondre avec Alain Berliner (réalisateur belge) et avec Alan Berliner (avocat de Columbus/travailleur social à Seattle/photographe de Los Angeles) consulte régulièrement ses albums de famille et creuse du côté de ses racines lorsqu’il se met en tête de faire des films considérés par la critique et le public comme drôles/intimistes/expérimentaux/identitaires.

Entre autres à l’origine d’un documentaire fascinant, « The Sweetest Sound » qui fait le point sur son patronyme et ses homonymes, Alan Berliner (le « vrai », le réalisateur indépendant de Brooklyn) est également l’auteur d’un film-portrait sensible et profondément universel, « Translating Edwin Honig : A Poet’s Alzheimer’s » projeté actuellement au festival de New York .

Pendant quatre ans, le réalisateur a rendu visite à son cousin, ami et mentor Edwin Honing, un poète et traducteur, atteint de la maladie d’Alzheimer. À travers un découpage en chapitres, il filme de près un homme de 91 ans, en proie à d’importantes pertes de mémoire et de langage, qui ne se rappelle plus celui qu’il a été. Patiemment, Berliner interroge Honing, revient à la charge, reformule ses questions, le confronte à des contre-vérités. Assis dans son fauteuil, son homologue, beau et digne, a bien des moments de lucidité et de conscience mais il ne peut se raccrocher au moindre souvenir (« I remember what I’ve forgotten and I forget what I’ve remembered »). Toutefois, Honing, le poète de jadis, a conservé son humour et un sens du rythme, des mots et de la musicalité.

La pertinence de ce court tient à son humanité et son montage. « Translating Edwin Honig : A Poet’s Alzheimer’s » est loin d’être un film voyeur et obscène sur la vieillesse et le déclin de l’esprit humain. Tout au contraire, c’est une preuve d’amour cinématographique (Berliner aime Edwin même si celui-ci a oublié qui il l’est et quels rapports ils entretenaient par le passé) qui suscite l’empathie par son sujet omniprésent à l’image, qui constitue un essai éclairé sur la dignité des personnes âgées et offre un regard sans fard et concessions sur ce mot mi-étrange mi-barbare que représente celui d’ »Alzheimer ». Grâce à des coupes fréquentes et à des inserts répétitifs, Berliner joue avec les nombreux plans, sons et mots capturés par la caméra de son directeur photo, Ian Vollmer, pour livrer un portrait incroyablement vivant de son ami filmé à différents stades de sa maladie.

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Toute réalisation renvoie à soi. Travaillé par les notions d’identité et de mémoire (dans tous les sens du terme), Berliner, en filmant Honing, ne peut s’empêcher de penser à son grand-père et son père atteints des mêmes symptômes dans leurs dernières années de vie ainsi qu’à sa propre angoisse éprouvée face à la vieillesse et à la perte de mémoire. Il imagine aussi que Honing n’aurait pas rejeté l’idée d’être filmé, comme si il offrait au monde « un dernier geste poétique ». Courant 2011, ce geste devrait gagner en intensité vu que Berliner est en train d’achever « Lost in Memory Lane », un long métrage centré sur la perte de mémoire et sur la personnalité de son oncle, qui a donné en cours de route le film actuel. La curiosité est de mise, tant l’émotion éprouvée devant son dernier travail est puissante.

Katia Bayer

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Le Cartoon d’Or est attribué à Krokodill

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Syn. : Une ancienne vedette d’opéra doit se déguiser en crocodile pour amuser les enfants dans un centre commercial. Il exprime sa frustration en se comportant de manière grossière, jusqu’au jour où il fait la rencontre d’une femme fatale et d’un… crocodile.

Le jury composé de Joanna Quinn (Royaume-Uni), Valérie Schermann (France) et Géza M. Tóth (Hongrie) avait sélectionné 5 finalistes parmi 29 films. Les autres finalistes étaient : « A Family Portrait » de Joseph Pierce, « Angry Man » de Anita Killi, « Logorama » de H5 (François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain, et « The Tale of Little Puppetboy » de Johannes Nyholm

A comme All Flowers in Time

Fiche technique

Synopsis : Un signal maléfique apparaît sous la forme d’une émission de télévision néerlandaise. Les filles et les garçons aux yeux rouges se mettent à penser qu’ils peuvent devenir d’autres personnes à leur plus grand plaisir.

Genre : Expérimental

Durée : 12′

Pays : États-Unis

Année : 2010

Réalisation : Jonathan Caouette

Scénario : Jonathan Caouette

Image : Jonathan Caouette

Interprétation : Chloë Sevigny, Chandler Frantz

Montage : Jessica Brunetto

Son : Scott Hirsch

Production : Tarnation films, Quintessence Films

Articles associés : la critique du film, l’interview de Jonathan Caouette

All Flowers in Time de Jonathan Caouette

Jusqu’à aujourd’hui, Jonathan Caouette était connu pour être l’auteur d’un seul film, le déjà culte « Tarnation » (2003), un documentaire-phénomène sur sa relation avec sa mère, qui fit le tour des festivals du monde entier. Paradoxalement un film somme d’un cinéaste à peine né et aussitôt proclamé par la presse et les festivaliers comme l’auteur américain à suivre. Jonathan Caouette aura mis plusieurs années à surmonter la pression et l’attente que suscitaient ses futurs projets. D’abord, en réalisant un autre documentaire, mais de commande celui-là, sur un festival de rock, « All Tomorrow’s Parties » (2008) qui remet le pied à l’étrier au jeune prodige attendu au tournant.

Venu plus tard et longuement fantasmé, son premier film de fiction est plutôt un court. « All Flowers in Time » (2010), qui tire son titre d’une chanson de Jeff Buckley et Elizabeth Fraser, est inspiré par un cauchemar de l’auteur.

On aurait pu penser que le garçon était un one hit boy, mais la bonne surprise du film est qu’il existe bien un style Caouette : on retrouve dans ces 12 minutes de fiction son goût pour les effets visuels bon marché, l’omniprésence de la musique et l’atmosphère de série B (il avait monté « Tarnation » sur imovie pour un budget de 212 dollars). Caouette est un dingue de cinéma, il en mange à toutes les sauces et ne fait pas de jugement de valeur. Il vénère autant Lynch que les films avec Dolly Parton. Ici, le scénario est surtout un prétexte à se faire plaisir, à expérimenter et aussi à faire jouer une de ses actrices fétiches, Chloë Sevigny.

L’histoire est à l’image de son auteur, un mélange d’influences multiples, sombres et ludiques. Le film s’ouvre sur un cowboy français (a french cowboy) qui apparaît sur l’écran de télévision d’un living room américain. « Je ne suis pas de cet endroit » dit-il dans un français teinté d’un fort accent américain. L’étrange surviendra de cette même télévision, plus précisément par le biais d’une émission hollandaise qui produit un signal diabolique qui infecterait les téléspectateurs. Une femme y raconte comment elle était la seule à l’école à avoir les yeux rouges sur les photos. Après avoir pensé à la trace du démon, elle y a vu le signe de petites fées qui la protègeraient. L’arrivée des appareils photos anti yeux rouges serait une stratégie du gouvernement, selon elle.

La baby-sitter (jouée par Sevigny) est assise dans le canapé face à la télévision, le petit garçon dont elle s’occupe se tourne vers elle après avoir éteint le poste. « Est-ce que ça y est ? » demande-t-il. « Fais-moi voir tes yeux » lui répond-elle. Les yeux de l’un et l’autre deviennent rouges, et elle rajoute : « Oui, allons à l’étage avant que cela ne disparaisse ». Installés sur un lit, ils jouent à se faire peur (Let’s make scary faces !) et leurs visages se défont dans des rictus de plus en plus effrayants jusqu’à prendre la forme du cheval et du cowboy.

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Les scènes avec Chloë Sevigny sont entrecoupées avec des séquences mettant en scène le grand-père de Jonathan, Adolf, qui joue ici un vieillard étrange et secret qui reçoit dans sa chambre deux jeunes gens. Il les accueille en leur demandant : « Pour qui vous prenez-vous ? », question qui fait bien sûr écho aux changements de forme des deux personnages principaux.

Dans « All Flowers in Time », les effets visuels sont loin d’être réalistes mais ils traduisent de la part de Caouette un vrai plaisir de gosse, un plaisir de cinéma, celui du factice et de l’imaginaire. Le transfert entre ce qui est vu sur l’écran de télévision et sur les visages des spectateurs est l’illustration même de son expérience et son désir de cinéma. Celui d’imprimer l’image, de la porter en soi et ainsi de la partager.

Amaury Augé

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Article associé : l’interview de Jonathan Caouette

25ème FIFF : Namur & le court

Compétition internationale

* Aglaée de Rudi Rosenberg (France)
* Dans la jungle des villes de Stéphane Demoustier et Denis Eyriey (France)
* Elder Jackson de Robin Erard (Suisse)
* Fracture de Nicolas Sarkissian (France)
* L’Invité (Musafirul) de Razvan Tache Alexandru (Roumanie)
* Les Journaux de Lipsett de Théodore Ushev (Québec)
* Khouya (Mon frère) d’Yanis Koussim (Algérie)
* Lord d’Adrian Sitaru (Roumanie)
* Nola d’Askia Traoré (France)
* Nuit blanche de Samuel Tilman (Belgique)
* Les Poissons de Jean Malek (Québec)
* Pour toi, je ferai bataille de Rachel Lang (Belgique)

Compétition nationale

* (A peine) de Damien Collet
* Boomerang de Jawad Rhalib
* Caniche de Noémie Marsily et Carl Roosens
* Le Concile lunatique de Christophe Gautry et Arnaud Demuynck
* Dissonance d’Anne Leclercq
* Eisbar d’Olivier Burlet et Frédéric Noirhomme
* La Femme à cordes de Vladimir Mavounia-Kouka
* La Fin du monde de Michael Havenith
* L’Heure bleue de Michaël Bier et Alice De Vestele
* Na Wewe d’Ivan Goldschmidt
* Nuit blanche de Samuel Tilman
* Opale Plage de Marie-Eve De Grave
* Pour toi, je ferai bataille de Rachel Lang
* Thermes de Banu Akseki
* La vie de Maria Magdala (La Vide de Maria de Magdala) de Santos Hevia

Compétition clips

* 70 millions
* Allez l’amour
* Alors on danse
* L’Amour se meurt
* Ange et démon
* As Anyone Would Do
* Baby I Am Yours
* Born Free
* Cold Love
* Every Rope
* Karibu Ya Bintou
* Love Hurts
* Man On The Run
* Moonshot Falls
* Morgenrot
* My Heart Is In A Bottle
* N’importe comment
* Pour un Infidèle
* La Question à 100 piasses
* Septembers
* What Are You Waiting For ?

Composition du Jury : Stéphane Aubier, Vincent Patar, Edouard Deluc, Dyana Gaye, Ariane Moffatt, François Vincentelli

Poitiers : les films en compétition

– Mobile de Verena Fels – Filmakademie Baden-Württemberg – Allemagne

– Jessi de Mariejosephin Schneider – DFFB – Allemagne

-Un jour nouveau (Der Neue Tag) de David Nawrath – DFFB – Allemagne

Une boîte perdue et retrouvée de sensations humaines (A Lost and Found Box of Human Sensations) – de Stefan Leuchtenberg, Martin Wallner – Universität of Applied Sciences Augsburg – Allemagne

– Wanna Be de Christina Ebelt – KHM – Allemagne

– Narben im Beton de/by Juliane Engelmann – KHM – Allemagne

– Mort par suffocation (Der Schübling) de Visar Morina – KHM – Allemagne

– Hinterland de/by Jakob Weyde, Jost Althoff – HFF “Konrad Wolf” – Allemagne

– Les Cendres de Daniel (Daniels Asche) de Boris Kunz – HFF München – Allemagne

– Sans souffle (Ohne Atem) de Fabio Stoll – HFF München – Allemagne

– Pinion de Asuka Sylvie – VCA – Australie

– Béatrice, sa bête et l’homme de la ville (Beatrice, Her Beast and the Man From the City) de Jordan Prosser – VCA – Australie

– Siemiany de Philip McGoldrick – RITS Erasmushogeschool – Belgique

– Murmures de Alexandre Labbé – UQAM, École des Médias – Canada

– La Bataille de Crèvecœur (Heartbreak Ridge) de Wan-jin Kim – KNUA – Corée du Sud

– Milena de Montserrat Lazo Rosales – Universidad Veritas, Escuela de Cine y Televisión – Costa Rica

Miramare de Michaela Mueller – Academy of Fine Arts Zagreb – Croatie

– La Marea de Armando Capó – EICTV – Cuba

– Maya de Pedro Pío Martín Pérez – EICTV – Cuba

– Venus de Tor Fruergaard – Den Danske Filmskole – Danemark

– Chateau Belvedere de Patryk Dawid Chlastawa – American Film Institute Etats-Unis

– Lumikko de Miia Tervo – Aalto University, School of Art and Design – Finlande

– Benigni de Jasmiini Ottelin, Pinja Partanen, Elli Vuorinen – Turku Arts Academy – Finlande

– Parade de Pierre-Emmanuel Lyet – ENSAD – France

– Conflit de Pierre Teulières – ESAV – France

– Jour de colère de Charles Redon – La fémis – France

– Le Gardien de phare de David François, Rony Hotin, Jérémie Moreau, Baptiste Rogron, Gaëlle Thierry, Maïlys Vallade – Les Gobelins – France

– Archipel de Giacomo Abbruzzese – Le Fresnoy – France

– Blank de Amirnaeim Hosseini – IRIB University – Iran

– First Aid de Yarden Karmin – The Sam Spiegel Film & TV School, Jerusalem – Israël

– C’est parfait, enfin presque… (It Would Be Splendid, yet) de Lina Lužytė – Lithuanian Academy of Music and Theatre – Lituanie

– Miel de Lucero Sánchez Novaro – Centro de Capacitación Cinematográfica – Mexique

– Où le soleil ne se presse pas (Where the Sun Doesn’t Rush) de Matej Bobrik – PWSFTviT – Pologne

– 38,5 de Grzegorz Debowski – PWSFTviT – Pologne

– La Confession (The Confession) de Tanel Toom – NFTS – Royaume-Uni

– Solstice de  David Stoddart – NFTS – Royaume-Uni

– Jusqu’à ce que la rivière devienne rouge (Until the River Runs Red) de Paul Wright – NFTS – Royaume-Uni

– Stanley Pickle de Vicky Mather – NFTS – Royaume-Uni

Le Garçon qui voulait être un lion (The Boy Who Wanted to Be a Lion) de Alois Di Leo – NFTS – Royaume-Uni

– Matter Fisher de David Prosser – Royal College of Arts – Royaume-Uni

– Les Lignes de la main (Palmele) de George Chiper – UNATC – Roumanie

– Stuck on Christmas (Captivi de Crăciun) de Iulia Rugina – UNATC – Roumanie

– Le Dernier jour d’Ivan Bulkin (Posledniy den Bulkina I.S) de Alexey Andrianov – Higher Courses for Screenwriters and Directors – Russie

– Mer des désirs (More Zhelaniy) de Shota Gamisonia – Higher Courses for Screenwriters and Directors – Russie

– Chasse au canard (Lov Na Race) de Rok Bicek – UL AGRFT – Slovénie

– Scratches (Skrapsar) de Gabriela Pichler – Göteborg University, School of Film Directing – Suède

– London Transfer de Roozbeh Behtaji – Göteborg University, School of Film Directing – Suède

Le site du festival : www.rihl.org

B comme Blokes

Fiche technique

Synopsis : Chili, 1986. Luchito se masturbe en épiant son voisin de 16 ans, Manuel, par la fenêtre de l’immeuble d’en face. Manuel découvre la sexualité. La fenêtre devient un monde cinématographique érotique qui éveillera chez Luchito une curiosité dont les répercussions seront désastreuses pour Manuel.

Genre : Fiction

Durée : 15’

Pays : Chili

Année : 2010

Réalisation : Marialy Rivas

Scénario : Marialy Rivas et RodrigoBellot adapté d’une nouvelle de Pedro Lemebel

Image : Pénélope Pourriat

Interprétation : Alfonso David, Pedro Campos, Paula Zuñiga

Montage : Danielle Fillios

Son : Cristian Freund

Production : Fabula

Article associé : la critique du film

Blokes de Marialy Rivas

« Fenêtre sur coeur »

Si le style de l’écrivain chilien Pedro Lemebel se caractérise par une transgression certaine de l’uniformité, « Blokes », le film de Marialy Rivas inspiré d’une histoire du romancier provocateur et sélectionné au Festival du film de New York, apparaît quant à lui comme une illustration uniformément transgressive du désir d’un jeune adolescent, en pleine dictature Pinochetienne.

A 13 ans, Luchito vit reclus avec sa mère dans un bloc d’immeubles de Santiago de Chile. La seule passion qui l’anime est la contemplation de son voisin, Manuel. Une contemplation statique et platonique qui se meut en un désir sexuel tenace. Avec  « Blokes », jamais l’éros juvénile n’avait été montré avec autant de proximité et d’empathie. Le moindre mouvement du protagoniste est plein d’une sensualité qui s’exprime par son souffle. De beaux et lents plans quasi hypnotiques captent la volupté du corps adolescent qui se découvre.

Ayant déjà abordé le thème de la quête sexuelle dans son précédent court métrage « Desde de siempre » (1996), la réalisatrice chilienne dit avoir été littéralement obsédée par la nouvelle de Lemebel. Après tout, la création n’est-elle pas qu’un miroir d’obsessions ? Après avoir harcelé l’écrivain pendant deux ans, Rivas réalise enfin le film et réussit à le faire sélectionner à Cannes où les programmateurs y ont pu apprécier sa délicate narration au style finement transgressif.

Une des forces de « Blokes » est de présenter l’histoire dans le contexte de la dictature chilienne sans paraître trop politique. Le propos n’est effectivement pas la cause politique en soi mais la tentative subtile de démontrer à quel point les actes individuels peuvent compromettre la collectivité lorsque la liberté d’expression n’existe plus.

L’univers de Luchito nous est montré telle une fenêtre complexe, ouverte sur un monde érotique et cinématographique. SA réalité l’emporte sur LA réalité chilienne qui surgit finalement à notre conscience presque par hasard, presque par erreur. Pareil à l’adolescence, le film de Marialy Rivas est une sorte de lente et nostalgique léthargie de l’éveil !

Marie Bergeret

Consultez la fiche technique du film

The 48th New York Film Festival

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Dans la foulée des audaces jouissives de l’année 1969, on a pu voir apparaître sur la scène cinématographique le Film Society of Lincoln Center, hôte privilégié du Festival du Film de New York. 41 ans plus tard, le Festival très sélectif mais non compétitif demeure fidèle à son ambition première : promouvoir le septième art issu du monde entier. Rendez-vous dans The Big Apple du 24 septembre au 10 octobre.

Retrouvez dans ce focus :

La critique de « Translating Edwin Honig : A Poet’s Alzheimer’s » d’Alan Berliner (Etats-Unis)

La critique de « All Flowers in Time » de Jonathan Caouette (Etats-Unis)

La critique de « Blokes » de Marialy Rivas (Chili)

La critique de « Mary Last Seen » de Sean Durkin (Etats-Unis)

La sélection des courts

Le programme avant-garde

Projection « Here We Are Now » au Beursschouwburg

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Le 13 Octobre 2010, à 21h, le Beursschouwburg de Bruxelles accueille Courtisane pour la projection « Here We Are Now », un événement inédit dans le contexte de la série SHOW (Shit Happens on Wednesdays). Au programme, des vidéos de Olivia Rochette & Gerard-Jan Claes, Mohamed Bourouissa, Shelly Silver et Ruti Sela & Maayan Amir + des DJ Courtisane. Entrée gratuite.

Soyez au rendez-vous !

Comment faire encore la différence entre ‘public’ et ‘privé’ ? D’après le philosophe français Jean Baudrillard, l’un n’est plus du ‘spectacle’, l’autre n’est plus ‘secret’. Aujourd’hui, nous partageons sans vraiment y réfléchir les détails les plus intimes et personnels de nos vies sur Internet et d’autres médias, alimentant ainsi une interminable boucle compulsive d’information, participation et circulation, comme si il n’existait plus de contraintes ou d’obstacles. Entourés et obsédés par un monde d’images, succombant à l’insécurité lancinante, nous nous soumettons à un régime de visibilité ultime. Nous sommes conscients d’être vus, suivis et remémorés, mais c’est justement cela qui nous pousse vers toutes sortes de formes de dévoilement, confession et ‘selfploitation’ (exploitation de soi). Le regard médiatisé de l’autre, à la fois perturbant et stimulant dans sa fugacité et son omniprésence, est devenu le point de référence incontournable dans la quête obsessionnelle de notre identité et appartenance. Nous nous montrons pour devenir nous mêmes, au même temps que nous disparaissons irrévocablement derrière nos images. L’inquiétante étrangeté à la lisière de l’intimité et de la transparence est au centre de ce programme. Quatre vidéos récentes, chacune à sa manière, interrogent l’association contemporaine entre médias et subjectivité et nous montrent qu’il n’est plus possible d’entretenir une relation sans équivoque entre regarder et montrer, sujet et objet, voir et être vu.

Olivia Rochette & Gerard – Jan Claes

Because We Are Visual, BE, 2010, 47’

Mohamed Bouroissa
Temps Mort, DZ/FR, 2009, 18’

Shelly Zilver
What I’m Looking For, US, 2004, 15’

Ruti Sela & Maayan Amir
Beyond guilt #1, IL, 2003, 9’30

Plus d’infos ici : http://www.courtisane.be/en/event/here-we-are-now

Etudiants à Poitiers ? Devenez Jurés des Rencontres Henri Langlois

Vous êtes étudiants à l’Université de Poitiers et souhaitez faire partie du Jury étudiant du Festival ? Il vous reste 3 petites semaines pour proposer votre candidature. Une connaissance pointue en matière de cinéma n’est pas exigée mais une curiosité pour le 7e Art et votre bonne humeur sont les bienvenues !

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Vous participez aux projections de la Compétition –du 3 au 11 décembre 2010, quelques après-midi et soirées– et aux réunions de délibérations.

Envoyez votre lettre de motivation avant le 15 octobre 2010 au Service culturel de l’Université/Maison des étudiants.

Contact & Information : www.etu.univ-poitiers.fr – mde@univ-poitiers.fr – +33 05 49 45 47 00

RDV à l’apéro-films du 30 septembre pour en savoir plus et rencontrer d’anciens jurés étudiants !

18h30-20h30 à la Maison des Etudiants

Hors Pistes 2011 : appel à participation

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Hors Pistes rassemble des œuvres qui affirment un cinéma singulier et audacieux. Des films et vidéo affranchis des formes traditionnelles, dans lesquels la fiction se superpose avec l’art contemporain, le documentaire, la performance ou l’expérimental.

…30 SÉANCES ET UNE EXPOSITION
Hors Pistes, c’est plus de 30 séances de projection explorant les nouvelles tendances de l’image contemporaine, ainsi qu’une exposition sur une thématique forte liée à l’Image – cette année : le SPORT.
La manifestation, non compétitive, aura lieu du 21 au 30 janvier 2011 au Centre Pompidou, dans ses salles de cinéma ainsi qu’au forum -1.

SOUMETTRE DES PROPOSITIONS
Attention : Bien distinguer la section « séances de projection » de la section « exposition ». Ce sont deux parties distinctes de la manifestation, avec des critères différents.
• Les séances de projection : Hors Pistes est ouvert aux films et vidéos internationaux produits après le 1er janvier 2009 et d’une durée comprise entre 25 et 65 minutes. Pas de thématique.
• L’exposition sur le sport et sa représentation : Hors Pistes est ouvert aux films et vidéos internationaux d’une durée inférieure à 20 minutes, sans restriction quant à la date de production.
• Aucun droit d’inscription n’est demandé.
• Le format de projection peut être pellicule (16 et 35 mm) ou format vidéo (Beta, mini DV, HD).
• Pour la sélection, le DVD est à envoyer à :

CENTRE POMPIDOU
HORS PISTES
75 191 Paris cedex 04
France

Les pièces non francophones et non anglophones doivent être sous-titrées en anglais.

SÉLECTION
• La sélection est effectuée par les services de programmation du Centre Pompidou ainsi que par deux invités extérieurs.
• La sélection sera adressée aux artistes et réalisateurs sélectionnés par email le 15 décembre 2010.

En collaboration avec : Lowave, Transat Vidéo, L’Agence du Court Métrage, VideoArtWorld

Le site du Festival

Et vous, à dix ans, vous ressembliez à quoi?

Vous avez été spectateur, jury, bénévole, sponsor, invité ? Vous avez présenté un film à Huy ? Ou tout simplement vous aimez le FIDEC ? Envoyez dès à présent au festival une photo de vous à dix ans. Toutes les photos seront exposées au Centre culturel de Huy pendant le festival.

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Votre photo, accompagnée de vos nom et prénom, doit parvenir au festival avant le 1er octobre 2010.

Par courriel : info@fidec.be
Par courrier : 7a, Avenue Delchambre – 4500 Huy (la photo vous sera retournée sur simple demande).

Ceci ne vous regarde pas de Lia Bertels

Quoi ma gueule ?

Après « Micro-dortoir », un premier travail très remarqué, Lia Bertels explore la faune étrange qui peuple son imagination dans « Ceci ne vous regarde pas ». Et si elle ne ressemble à rien de connu, cela, après nous, ne vous regarde pas.

Dans la tête de Lia, il y a des rêves et des bêtes étranges qui semblent tout droit (ou tout tordu) en sortir. Mais qui cela peut donc bien regarder ? Pas vous donc, pas moi non plus dans ce cas.

Installés dans notre fauteuil, nous entrons, par le petit bout de la lorgnette, dans cet étrange univers où un « chat » vole comme un avion à réaction, de petites têtes privées de corps baillent à leur aise, une drôle de bestiole poilue grimpe aux arbres… Nous les observons autant qu’ils semblent nous observer, un brin gênés par notre présence. Mais qui regarde quoi ?

Avec son air de ne « pas y toucher », le petit court métrage de Lia Bertels interroge, par son jeu de regard, la position du spectateur. Il le pousse, sans pour autant théoriser, à se demander « qui a le droit de regarder qui, et de quelle façon il a le droit de le faire ». Les commentaires chuchotés, presque inaudibles, viennent renforcer cette impression d’intrusion, intempestive, certes, mais toujours joyeuse. Car la particularité de l’univers de la réalisatrice est d’être toujours tourné vers une belle innocence enfantine, une légèreté que rien ne semble pouvoir assombrir. Et le plaisir que l’on éprouve à cette observation devient le véritable enjeu de cette proposition. D’ailleurs, comme l’indique le générique, Lia ne réalise pas son film, elle l’observe… Chut !

Sarah Pialeprat

Consulter la fiche technique du film

Article associé : l’interview de Lia Bertels

The 48th New York Film Festival – la sélection des courts

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Connu pour sa sélection non compétitive de la crème de la crème (en français dans le texte) des longs métrages glanés dans les festivals du monde entier, le 48e Festival du Film de New York (24 sept-10 oct) présentera en avant programme de certains de ces films neuf courts métrages dont les dernières œuvres de l’iranien Jafar Panahi et de l’américain Jonathan Caouette, auteur de « Tarnation ». Un peu invisibles sur le site du festival, Format Court s’est donné pour mission de les réunir ici et en anglais, s’il vous plait !

Protect the Nation
Candice Reisser
South Africa/Germany, 2010, 16m
A young boy struggles to survive on the sometimes mean streets of Johannesburg.

All Flowers in Time
Jonathan Caouette
USA, 2010, 13m
The director of Tarnation takes us on a guided tour through the shattered remains of memory and identity. With Chloë Sevigny.

Blokes
Marialy Rivas
Chile, 2010, 15m
A teenager’s sexual desires can be as fiery as the upheaval in his country.

Nulepsy
Jessica Sarah Rinland
U.K., 2010, 8m
A chronicle of a pathological need to be nude.

Deu ci sia
Gianluigi Tarditi
Italy, 2010, 15m
A dying patriarch confronts his life choices when the Femina Agabbadora, a Sardinian wise woman, pays a visit.

Translating Edwin Honig: A Poet’s Alzheimer’s
Alan Berliner
USA, 2010, 19m
An emotional engagement with the poet and translator Edwin Honig, a man whose life was words but who now is often limited to sounds.

Mary Last Seen
Sean Durkin
USA, 2010, 14m
A road trip into the backwoods is far from what it seems.

The Accordion
Jafar Panahi
Iran, 2010, 9m
Two child beggars learn a lesson in class solidarity.

Day Trip
Zoe McIntosh
New Zealand, 2010, 11m
Off on an excursion to discover the land he calls home.

Le site du festival