Short Screens présente sa douzième édition avec des films éclectiques d’hier et d’aujourd’hui.
Rendez-vous le jeudi 27 octobre à 19h30 à l’Actor’s Studio, au 16 Petite rue des bouchers à 1000 Bruxelles!

Short Screens présente sa douzième édition avec des films éclectiques d’hier et d’aujourd’hui.
Rendez-vous le jeudi 27 octobre à 19h30 à l’Actor’s Studio, au 16 Petite rue des bouchers à 1000 Bruxelles!

Et hop, après les sélectionneurs masculins et les films d’étudiants retenus au Festival de Bruz (animation nationale, 7-13 décembre), voici la compétition des films pro mis en avant par des filles européennes (Emmanuelle Gorgiard, pour la France, Matilda Tavelli Cunado, pour la Suisse et Katia Bayer, pour la Belgique).

Les films de professionnels sont :
Apeurée, Patricia Sourdes, 04′
Apnée, Flora Molinié, 3’32
Beau Voyage, Samuel Ribeyron, 08’30
Bisclavret, Emilie Mercier, 14’07
Chroniques de la poisse, Osman Cerfon, 15′
Daniel, une vie en bouteille, Emmanuel Briand, Antoine Tardivier, Louis Tardivier, 13’24
Dripped, Léo Verrier, 08′
Gabrielle, Perrine Lottier et Rozenn Quéré, 8′
Il était une fois l’huile, Vincent Paronnaud, 14’40
La détente, Pierre Ducos et Bertrand Bey, 08’30
La douce, Anne Laricq, 8’50
La femme du lac, Mathilde Philippon Aginski, 14′
Là où meurent les chiens, Svetlana Filippova, 12′
Lazarov, Nietov, 05′
Le corbeau blanc, Anatoliy Lavrenishin, 10′
Le diable en bouche, Franck Ternier, 16’30
Les ciseaux pointus, Laurent Foudrot, 3′
Les conquérants, Sarolta Szabo et Tibor Banoczki, 12′
L’oiseau cachalot, Sophie Roze, 07’30
Mendelssohn est sur le toit, Jean Jacques Prunès, 14′
Miss Daisy Cutter, Laen Sanches, 5’40
My Window, Anabela Costa, 11’44
Planet Z, Momoko Seto, 9’30
Plume, Barry Purves, 14′
The Monster of Nix, Rosto, 30′
The Waterwalk, Johannes Ridder, 4’20
Tomatl, Luis Briceno, 9′
Un ogre, Gérard Ollivier, 06’30
Une après midi en forêt, Kyoung Won Tottoli, 02′
Wax Taylor feat. Charlie Winston « I own you », Romain Chassaing, 3’30
Le mois de décembre est décidément bien chargé en festivals. La ville de Bruz, à proximité de Rennes, accueille du 7 au 13 décembre le festival national du film d’animation, avec deux sections compétitives, celle des films d’écoles et celle des films professionnels. Voici la première, munie de son détail, déterminée par un comité de sélection composé de Jean-Yves de Lépinay, Jérôme Descamps et Guillaume Bourrachot.

A la vue du son, Marine Loscos, EMCA, 07’29 »
A portée de main, Haruna Kishi, La Poudrière, 03’30 »
Chroniques du pont, Hefang Wei, La Poudrière, 04’00
Cyndrome, Sandrine Kulbicki, EMCA, 01’50
D’une rare crudité, Emilien Davaud, Jérémy Mougel, Marion Szymczak, Supinfocom Arles, 07’40
Dérapage, Guillaume Petit, Mathias Barday, Olivier Landais, Luc-ewen Martin Fenouillet, Arnaud Saibron, Bertrand Saint-Martin, Isart Digital, 04’48
Elia, Matthieu Gaillard, Ecole Emile Cohl, 04’34
En Parties, Hugo Bravo, Ecole Emile Cohl, 03’49
Evim, Simon Barrere, Yannis Boultadakis-Arapinis, Abdel Zaidi, EMCA, 05’17
Exibison, Marielle Tollis, EMCA, 02’54
Pile ou face, Pierre Bottai, Kevin Herbrich, Foehn Gallet, Adrien Kedochim, Gauthier Troalen, Georges Méliès, 04’50
Infection, Mathieu Maurel, Vincent Dobbel, Jérome Ponzevera, ESMA, 07’47
Isis, Jonathan Martin, EnsAD, 04’11
Je t’aime, Ugo Bienvenu, Gobelins, 03’00
Kyrielle, Boris Labbé, EMCA, 10’00
La fille qui pleut, Tony Ferraud, Ecole des Beaux-Arts de Versailles, 03’09
La Première fois que j’ai découvert le sens de ma queue! Bruno Silva, Ecole Supérieure d’art, 03’08
La Voix de Simone, Léa Mazé, Ecole Estienne, 02’29
Laszlo, Nicolas Lemée, La Poudrière, 04’00
Le Dragon poubelle, Julien Jourdain de Muizon, EnsAD, 10’45
Le Roi des échos, Quentin Fovet, EMCA, 03’50
L’Enregistreur, Eponine Jacquet, Institut Sainte Geneviève, 04’58
Les Poisons, Benjamin Charbit, ENSAD, 08’02
Ludo, Romain Kurdi, Ecole Emile Cohl, 03’39
Lutins, Etienne Abelé, Lucie Gardes, Yoann Gueret, Solene Planas, ESMA, 06’08
M’échapper de son regard, Chen Chen, La Poudrière, 03’40
Matatoro, Raphaël Calamote, Mauro Carraro, Jérémy Pasquet, Supinfocom Arles, 7’05
Maximall, Nawel Rahal, Axel Tillement, Axelle Cheriet, Hadrien Ledieu, Axelle Cheriet, Supinfocom, 06’00
Mortys, Nicolas Villeneuve, Aurélien Ronceray-Peslin, Gaelle Lebegue, Mathieu Vidal, Linda Zaky, ESMA, 07’26
Paix, Solène Carpentier, EMCA, 02’10
Plato, Leonard Cohen, EnsAD, 07’50
Touolanka, Marion Bricaud, EMCA, 02’47
Trois petits points…, Rémy Schaepman, Ornélie Prioul, Tracy Nowocien, Florian Parrot, Alice Dieudonne, Lucrèce Andreae, Gobelins, 03’35
Un Drame, Margaux Duseigneur, Ecole Emile Cohl, 03’06
Le Jury Format Court s’est prononcé. Katia Bayer, Dounia Georgeon et Xavier Gourdet ont élu leur Métrange du Format Court, parmi les 40 films de la sélection européenne du Festival Court Métrange (20-23 octobre, Rennes). « Danny Boy » de Marek Skrobecki a été choisi pour la « qualité de son animation, l’émotion suscitée par son récit, et l’étrangeté de son monde acéphale ». Le Métrange du Format Court consiste en un dossier spécial consacré à Marek Skrobecki et à la projection de « Danny Boy » en salle.
Danny Boy, Marek Skrobecki, Suisse – Pologne, Animation, 2010, 9’58
Synopsis : Un jeune poète tombe amoureux dans un monde qui semble perdu. Une ville qui attend un drame dominant. Un temps de tristesse, un temps de décisions. Il y a de la lumière, il y a de l’espoir, il y a de la poésie derrière les nuages obscurs.
Le 8è Festival Court Métrange a refermé son rideau « fantastique » aujourd’hui, après quatre jours de mise en perspective de cinéma de genre, avec la reprise des films primés samedi soir, à l’Espace Rencontre du TNB (Théâtre National de Bretagne). Plusieurs prix y étaient projetés à cette occasion, dont le Métrange du Format Court (hip hip…)

– Métrange Beaumarchais, Prix Lycée : L’Accordeur, Olivier Treiner (France)
– Métrange animé : Pixels de Patrick Jean (France)
– Métrange sonore : Le Vivier de Sylvia Guillet (France)
– Métrange spécial du Jury : Labyrinth Within de Pointus Lidberg (Suède)
– Métrange du Format Court : Danny Boy de Marek Strobecki (Pologne, Suisse)
– Métrange du Jury : Judas et Jesus de Olaf Encke et Claudia Romero (Allemagne)
Autres prix
– Métrange scolaire : Prochainement sur vos écrans de Fabrice Maruca
– Prix du Public – Métrange du Soleil Levant (Programmation Japon) : Rain town, de Hiroyasu Ishida
– Prix du Public – Métrange de l’Ouest (Programmation Etats-Unis) : Waking Eloise, de Bobby Marinelli
– Métrange Aztèque (Programmation Mexique) : Ninos de mis oros, de Guadalupe Sanchez Sosa.
Parmi les choix européens retenus en compétition par le Festival de Vendôme (2-9 décembre), il y a…

Silent River (Apele Tac) – Anca Miruna Lazarescu – Allemagne / 2011 / fiction / 30 minutes
Le garçon lumière – Jérémy Van Der Haegen – Belgique / 2011 / fiction / 34 minutes
Birdboy – Alberto Vàzquez et Pedro Rivero – Espagne / 2011 / animation / 13 minutes
Asylum – Joern Utkilen – Ecosse / 2010 / fiction / 22 minutes
How to raise the moon – Anja Struck – Allemagne / 2011 / animation/ 9 minutes
Groll (Grudge) – Nikolaus Müller – Autriche / 2010 / fiction / 33 minutes
Las Palmas – Johannes Nyholm – Suède / 2011 / fiction / 13 minutes
Dimanches – Valéry Rosier – Belgique / 2011 / fiction, expérimental / 16 minutes
Dicen – Ruiz de Azua Alauda – Espagne / 2011 / fiction / 20 minutes
Killing the chickens to scare the monkeys – Jens Assur – Suède / 2011 / fiction / 24 minutes
Protect the nation – Candice Reisser – Allemagne, Afrique du sud / 2010 / fiction / 16 minutes
Rite – Michael Pearce – Royaume-Uni / 2010 / fiction / 16 minutes
Girl – Fijona Jonuzi – Suède / 2011 / fiction / 15 minutes
L’info du jour. Le Festival de Vendôme (2-9 décembre) dévoile ses choix pour la compétition nationale 2011.

Les larmes – Laurent Larivière – 2010 / fiction / 26 minutes
Une île – Anne Alix – 2011 / fiction / 59 minutes
Cross – Maryna Vroda – 2011 / fiction / 15 minutes
Sous la lame de l’épée – Hélier Cisterne – 2011 / fiction / 13 minutes
La maladie blanche – Christelle Lheureux – 2011 / documentaire / 42 minutes
Parmi nous – Clément Cogitore – 2011 / fiction / 30 minutes
Tania – Giovanni Sportiello – 2011 / fiction / 20 minutes
Petite pute – Claudine Natkin – 2011 / fiction / 27 minutes
Odéon dancing – Kathy Sebbah – 2011 / documentaire / 24 minutes
Le Marin masqué – Sophie Letourneur – 2011 / fiction / 35 minutes
Et ils gravirent la montagne – Jean-Sébastien Chauvin – 2011 / fiction / 33 minutes
Le commissaire Perdrix ne fait pas le voyage pour rien – Erwan Le Duc – 2011 / fiction / 27 minutes
Un monde sans femmes – Guillaume Brac – 2011 / fiction / 57 minutes
Planet Z – Momoko Seto – 2011 / animation / 9 minutes
La mystérieuse disparition de Robert Ebb – FX Goby, Matthieu Landour et Clément Bolla – 2011 / fiction / 13 minutes
Sylvain Rivière – Guillaume Bureau – 2011 / fiction / 22 minutes
Tempête dans une chambre à coucher – Laurence Arcadias et Juliette Marchand – 2011 / animation / 11 minutes
Courir – Maud Alpi – 2011 / fiction / 35 minutes
Les pseudonymes – Nicolas Engel 2011 / fiction / 33 minutes
Là où meurent les chiens – Svetlana Filippova – 2011 / animation / 12 minutes
A la Cinémathèque française, les séances de courts métrages réalisés par Nanni Moretti se suivent et ne se ressemblent pas. Alors que le premier programme (voir le prochain article de Mathieu Lericq) présentait 3 films réalisés dans un intervalle resserré (de 1973 à 1974) qui correspondait aux tous débuts du cinéaste (son premier long, Je suis un autarcique, sortira en 1978), les deux derniers programmes sont eux beaucoup plus explosés (1986 à 2007) et fatalement beaucoup moins cohérents. Construits autour de documentaires, de making of améliorés, d’un film de commande pour Cannes, et d’une suite de scènes coupées tirées d’Aprile (1997), il en résulte parfois une impression de fourre-tout. Cette sensation s’explique par la difficile équation qu’est la rétrospective intégrale qui exclue par définition tout travail de choix de la part du programmateur puisque tout doit y être montré.

Le cri d’angoisse de l’oiseau prédateur
Cette question sera d’ailleurs soulevée par Moretti lui même lors de sa conversation publique avec Serge Toubiana. Ce dernier souhaitait tout montrer alors que Moretti n’était – bizarrement – pas favorable à la présentation de ses premiers courts. Certes, en découvrant ses coups d’essai, on sourit souvent devant les quelques maladresses de l’auteur même si l’affection pour le cinéaste fait quelque peu oublier les défauts de ces films qui apportent un éclairage sur la suite de sa carrière.
La présence dans le deuxième programme d’un montage de scènes coupées d’Aprile est plus étonnant (Le cri d’angoisse de l’oiseau prédateur, 2001). Cette suite de vignettes semble plus relever d’un bonus dvd que d’un court métrage à proprement parler, même si ces scènes touchent juste à chaque fois et rappellent l’efficacité comique immédiate de Moretti. La scène qui donne son nom au « film » est en ce point un modèle. Moretti filme un homme chargé d’imiter le cri de l’oiseau prédateur qui fera fuir les centaines de volatiles qui arrosent de leurs fientes chaque jour à heure précise les rues de la capitale italienne. La situation, complètement surréaliste fonctionne à merveille.

La Cosa
De ce regroupement de courts des années 90 et 2000, La Cosa (1990) est certainement le plus radical. Moretti filme en plans séquences et fixes les réunions des militants du parti communiste italien dans plusieurs villes du pays alors que le mur de Berlin vient de chuter et que le parti souhaite également changer de nom et d’image. Situé à la limite entre le long et le court (le film fait 60 min), La Cosa est un film qui prend son temps et qui cherche dans les discours revendicatifs de ces communistes italiens désarçonnés une parole libérée. C’est aussi, de tous les courts de Moretti, celui où on le sent le plus en retrait, le plus effacé, lui qui apparaît dans tous les autres (à l’exception de La dernière cliente) Il semble filmer en simple témoin, avec pour seule volonté celle d’enregistrer ces la parole de ces militants porteurs d’illusions et d’utopies. Le style, austère et froid, laisse tout de même filtrer le sentiment affectif du cinéaste pour ces hommes et ces femmes engagés.

Le jour de la première de Close-Up
Deux films distants de 13 ans évoquent le rapport à la salle de cinéma et aux films de l’auteur. Dans Le jour de la première de Close-Up (1994), c’est sa casquette d’exploitant que Moretti enfile, lui qui est propriétaire d’une salle art et essai à Rome, dans un pays où la quasi totalité des films étrangers sont doublés. Ce petit film très enlevé de 7 minutes met en scène les efforts déployés par le cinéaste-exploitant pour faire exister le film de Kiarostami face à la déferlante du Roi Lion sorti à la même période. On y voit Moretti, véritable boule de nerfs, faire des insomnies à cause du box office, briefer les caissières du cinéma sur comment pousser les potentiels spectateurs à aller voir un film iranien en VO ou encore passer un savon au journal qui n’a pas imprimé sa pub assez grande. Journal d’un spectateur (2007) fait largement écho au Jour de la première de Close-Up. Avec ce film de 3 minutes – commandé par le Festival de Cannes à l’occasion de ses 60 ans et du programme Chacun son cinéma – Moretti nous emmène dans différentes salles de cinéma de Rome où il évoque via des anecdotes jubilatoires les films qu’il y a vu. De La Cérémonie à Rocky Balboa, l’auteur passe en revue des souvenirs cinématographiques souvent chaotiques, de son fils de 2 ans qui au bout de 30 minutes d’Anastasia se mit à pleurer en criant « Maman ! » à sa mère qui lui reprochera toute sa vie de l’avoir emmenée voir Légendes d’Automne avec Brad Pitt, Moretti n’établit pas un panthéon de ses souvenirs de cinéma mais au contraire évoque la salle comme un lieu de frustration, de plaisir, de déception et surtout comme un lieu collectif où l’autre influe sur sa propre expérience de spectateur quitte à la lui gâcher.
Dans Le Journal du Caïman (2006), c’est Moretti lui-même qui réalise le making-of de son film Le Caïman (2005), ce qui en dit long sur son besoin de tout contrôler, jusqu’aux images de tournage, exercice généralement confié à un observateur extérieur. Il y apparaît colérique, impatient, perfectionniste mais toujours capable de désamorcer les situations tendues avec un humour pince sans rire assez irrésistible, comme lors de cette scène où il se moque de ses deux acteurs qui sont censés nager et discuter mais qui n’arrivent pas à faire les deux en même temps. L’intérêt principal de cet objet assez long (60 min) est de voir le cinéaste au travail. Moretti est sur tous les fronts, le tournage se transformant en une expérience physique épuisante et réjouissante. Le débouchage des bouteilles de champagne vient d’ailleurs ouvrir et clore son récit de tournage et se transforme en épisodes burlesques lorsque Moretti n’arrive pas à ses fins avec le bouchon.

La dernière cliente
La dernière cliente (2003) qui clôt le programme de courts est peut-être le film qui ressemble le moins – au premier abord- au style de Moretti. D’abord, car le cinéaste est à New York, une ville, une énergie mais aussi une langue qui contrastent fortement avec ses habitudes italiennes. Dans ce documentaire, Moretti filme la fermeture d’une pharmacie de quartier tenue par une famille d’immigrés italiens depuis plusieurs générations et contrainte à vendre leur commerce et leur logement pour laisser place à de nouveaux immeubles plus modernes et surtout plus rentables. Le film est inversé chronologiquement et débute par des images de la destruction des murs du bâtiment puis se termine par la dernière journée d’ouverture de la pharmacie , comme si ce montage permettait encore , quelque part, de pouvoir faire machine arrière. Bien que jamais présent à l’écran, Moretti semble prendre peu de distance avec la situation, son film parait volontairement chercher l’émotion (il va même jusqu’à utiliser la musique d’Alléluia de Leonard Cohen) et le pathos. Les larmes sont légion et chacun, les clients et les propriétaires viennent pleurer dans les bras des uns et des autres. On est parfois pris par un trop plein d’émotion même si l’on sent Moretti sincère dans l’affection qu’il porte à ces gens. C’est dans l’aspect politique de la situation que le sujet rejoint ses préoccupations premières, le film étant à l’évidence une critique amère d’un capitalisme outrancier qui pousse les gens à quitter les quartiers autrefois populaires des grandes villes.
On aurait pu penser que Moretti irait explorer d’autres facettes de son cinéma dans ses courts métrages réalisés après ses longs mais il reste fidèle à ses obsessions politiques et burlesques, sans oublier un certain narcissisme avoué et assumé, même si (et il le répète souvent) parler de lui est la meilleure façon qu’il a trouvé de parler des autres.
Retrouvez le dialogue avec Nanni Moretti sur le site de la Cinémathèque française
L’autodidacte est devenu un maître. Le jeune homme à la moustache et aux longs cheveux hirsutes s’est changé en un quinquagénaire au regard plus droit et au sourire farceur. Le cinéma a enregistré les multiples mutations de l’acteur, a inventorié les pensées du cinéaste, à la manière d’un journal intime ouvert sur la présence d’une personnalité en renouvellement permanent. Dès le début, il se met devant la caméra et invite ses amis à parler de politique, à invoquer la philosophie, à ironiser sur les événements de son pays – l’Italie – autant que des phénomènes plus universels. Du 8 au 25 septembre derniers, la cinémathèque française a proposé une rétrospective de tous les épisodes de la vie cinématographique de ce mauvais garçon de la culture italienne, l’occasion de se plonger dans ses débuts en super-8 et dans les films courts qui composent sa filmographie. Vous l’avez sans doute reconnu, il s’agit de l’inclassable Nanni Moretti.

Retrouvez dans ce Focus :
– …
Nouveau Prix, nouveau festival. Dans la foulée du Prix Format Court attribué à « The origin of creatures » de Floris Kaayk au Festival Paris Court Devant, Format Court poursuit son soutien aux films et aux festivals en suivant de près la sélection européenne du Festival Court Métrange débutant ce jeudi 20 octobre à Rennes. Le Jury Format Court, composé de Katia Bayer, Dounia Georgeon et Xavier Gourdet, devra juger 40 films issus de coins belges, français, finlandais, estoniens, italiens, espagnols, suisses, … et proches de l’animation, de l’épouvante, de l’étrange, de l’insolite et du fantastique. Résultat, en clôture du festival, dès le 23 octobre prochain. Comme pour les Prix précédents, le lauréat bénéficiera d’un Focus personnalisé sur le site et verra son film projeté en salle.
Les films concourant pour ce prix sont les suivants :
Condamné à vie de Hannah Letaïf et Vincent Carrétey 4′38/ 2010 / Belgique
Crossroad Jack de Germain Kern, Yann Berthonneau, Vianney d’Huart 3′ / 2010 / France
Cul de Bouteille de Jean Claude Rozec 9′ / 2010 / France
Danny Boy de Marek Skrobecki 10′ / 2010 / Pologne & Suisse
Judas and Jesus de Olaf Encke & Claudia Romero 15′ / 2009 / Allemagne
L’employé du mois de Clément Cornu 12′40 / 2010 /France
The backwater gospel de Bo Mathorne 9′ / 2011 / Danemark
Migration de Ly Kok Elie et Mathieu Clopez 3′29 / 2010 /France
Mortys de Villeneuve/Ronceray-Pescini/Lebegue/ Vidal 7′16 / 2010 / France
Nuisible(s) de Erik Hupin, Hans Baldzuhn, Pierre Nahoum, Baptiste Aude et Philippe Puech
4′21/ 2010 / France
Pixel de Patrick Jean 2′34 / 2010 /France
Little Quentin de Albert ‘T Hooft et Paco Vink 9′15 / 2010 /Pays Bas
The death of an insect de Hannes Vartiainen, Pekka Veikkolainen 7′/ 2010 /Finlande
The external world de David O’ Reilly 16′ / 2011 / Irlande
Love Patate de Gilles Cuvelier 13′4 / 2010 /France
Body memory de ülo Pikkov 9′2 / 2011 /Estonie
Mandragore de Fabrice Blin 17′ / 2011 / France
L’accordeur de Olivier Treiner 13′30 / 2010 / France
Al Crepusculo de Matteo Macaluso 20′ / 2011 / Italie
Le vivier de Sylvia Guillet 18′30 / 2010/ France
Ctin ! De Cyrille Drevon 15′ / 2011/ France
E pigs de Petar Pasic 14′58 / 2010 / Slovénie
Labyrinth within de Pontus Lidberg 28′ / 2010 / Suède
Form de David Aufdembrinke, Philip Piskorzynski & Chris Rudz 9′ / 2010 / Allemagne
Protoparticulas de Chema Garcia Ibarra 7′21 / 2011/ Espagne
Next floor de Denis Villeneuve 11′34 / 2010/ France
Prochainement sur vos écrans de Fabrice Maruca 10′47 / 2011 / France
The astronaut on the roof de Sergi Portabella 12′ / 2010 / Espagnol
Bloody Christmas de Michel Leray 12′30 / 2010 / France
Brutal relax de Rafa Dengra, Adrian Cardona et David Munoz 15′ / 2010 / Espagne
Lazarov de Nietov 5′ / 2010 / France
Tommy de Arnold de Parscau 8′32 / 2011 / France
36eme sous sol de Ph Debies 12′49 / 2010 / France
Mon père de Patrice Gablin 12′50 / 2010 / France
La madre de Alberto Evangelio 6′40 / 2010/ Espagne
Hungry Hickory de Damian Mac Carthy 7′ / 2010 / Irlande
The Midge de Rory Lowe 11′22 / 2010 / Angleterre
Ella de Dan Gitsham 8′54 / 2011 / Angleterre
Ce vendredi 21 Octobre 2011 à 19H30, aura lieu la 16ème édition des Courts du Grand, un Festival permanent de courts métrages doublé d’une rencontre avec des réalisateurs et producteurs.
Programme de la soirée :
– CREEK AYMES de Laurent Teyssier (HD – 9min – 2011 – Tita Productions / Anuu-Ru Aboro) :
Station Creek Aymes en Nouvelle-Calédonie : un élevage bovin de 1200 têtes qui s’étend sur plusieurs centaines d’hectares. A l’aube, un braconnier s’introduit dans la propriété et abat une vache…
extrait : http://www.youtube.com/watch?v=unS2CLTo8VE
– YUKIKO d’Eric Dinkian (HD – 15min20 – 2010 – Paprika FIlms) :
Gravement blessé par une mystérieuse femme masquée, un homme voyage à l’intérieur de sa conscience durant les dernières minutes qu’il lui reste à vivre. Présent, passé et imaginaire se confondent alors pour tenter de résoudre le drame qui a conduit à cette situation.
– FRACTURE de Nicolas Sarkissian (HD / 2 :40 – 27min30 – 2010 – De Films en Aiguille / Wallpaper Productions) :
Paul a tout pour être heureux : une situation haut placée, une femme dévouée et une petite fille adorable dans une confortable villa d’architecte. C’est l’été et ce dimanche, il n’aspire qu’à lézarder au bord de sa piscine, se détendre devant la finale de tennis. Seulement voilà : Paul se sent oppressé par un mal invisible qui le ronge.
– BABEL de Hendrick Dusollier (HD – 15min – 2010 – Studio HDK Productions / Maria Roche Productions) :
Depuis les montagnes célestes jusqu’au sommet des tours de Shanghai, deux jeunes paysans quittent leur village pour rejoindre la mégapole.
La projection sera suivie d’une rencontre au bar jusqu’à minuit.
Programmation et organisation Courts du Grand : diffusion@collectifprod.net
Infos pratiques
Vendredi 21 Octobre 2011 à 19H30, au Cinéma Grand Action
5 rue des Ecoles – 75005 Paris
Métro : Jussieu ou Cardinal-Lemoine
PAF : 5 euros / 3 euros (membres Collectif Prod)
BAR : 1 boisson offerte avec chaque entrée / toute boisson supplémentaire payante
Parmi les 1323 films reçus, le Festival International des Ecoles de Cinéma, autrement connu comme les Rencontres Henri Langlois, a retenu cette année 40 œuvres, tous genres confondus : un concentré de ce que la jeune génération de cinéastes du monde entier a produit de plus abouti, de plus fort, de plus surprenant. Dans cette sélection, la diversité côtoie l’inédit avec une inventivité surprenante. Parmi ces films, se côtoient des comédies déjantées, des documentaires engagés et intimes, des films expérimentaux, des films d’animation et bien entendu, des fictions classiques.
Liste des films sélectionnés



Le septième festival Paris Courts Devant s’est terminé ce dimanche 16 octobre, lors de la traditionnelle remise des prix (blagues, remerciements, et projections des films primés). Parallèlement aux autres Jurys et aux autres récompenses, Format Court a décerné son prix, le Prix du Meilleur Premier Film, à « The Origin of Creatures » de Floris Kaayk, un court métrage hollandais concourant dans la catégorie Coup de coeur, Coup de gueule. Le Jury interne à l’équipe de rédaction, constitué de Nadia Demmou, Fanny Barrot, Julien Savès et Julien Beaunay, a choisi ce film pour « la maîtrise technique de son animation et la richesse thématique qu’il déploie tout au long de son récit. Ce premier film de fiction témoigne, en outre, d’une très grande maturité ».

Floris Kaayk bénéficiera d’un focus personnalisé sur Format Court et « The Origin of Creatures » sera prochainement projeté en salle.
« The Origin of Creatures » de Floris Kaayk (Pays-Bas – 11′45” – Animation – 2010)
Synopsis : Dans les ténèbres d’un monde post-apocalyptique, des membres mutants font une tentative de reconstruction, mais par manque de communication, leur tâche est vouée à l’échec.
Paris Courts Devant s’est achevé hier soir au terme de quatre jours de films, de courtes nuits et de rencontres folles. La soirée de clôture a mis en avant les films suivants, lors de son palmarès annuel, avant de projeter une sélection des films primés.
Grand Prix Paris Courts Devant, attribué à Hélène Marchal, Samy Barras, Romain Blondelle et Céline Seillé pour De riz ou d’Arménie (France)
Prix Fuji Film de la photo, attribué à Bastien Simon pour Ceux qui marchent contre le vent (France)
Prix Sacd – Du rififi dans les écoles d’animation, attribué à Jérémy Guiter pour Sur les Rails (France)
Prix Les Petits Courts Devant, décerné par les enfants des écoles : Sara Verhagen et Yannick Privat pour Dog Sitting (France)
Prix TV5 Monde, attribué à Elsa Diringer pour C’est à Dieu qu’il faut le dire (France)
Prix du meilleur film étranger, attribué à Anu Aun pour Vahetus (Estonie)
Prix Beaumarchais-Sacd, attribué à Elsa Diringer pour C’est à Dieu qu’il faut le dire (France)
Prix Format Court du Meilleur Premier Film, attribué à Sjaak Rood, pour The origin of creatures (Pays-Bas)
Prix « Musique au cinéma », attribué à Mathieu Alvado et Guillaume Rieu pour L’attaque du monstre géant suceur de cerveaux de l’espace (France)
Prix Philippe Billion, attribué à Paulin Cointot, Dorianne Fibleuil, Antoine Robert et Maud Sertour pour Le taxidermiste (France)
Mention spéciale du Jury attribuée à Ventura Durall pour El somriure amagat (Le sourire caché) (Espagne)
Prix Futuroscope du Cher Public attribué à Jeroen Annokkée pour Suiker (Le sucre) (Pays-Bas)
Lundi 17 octobre à 18h30, dans le cadre de la 10e Fête du Cinéma d’animation organisée par l’AFCA et à l’occasion du Festival Estonie Tonique, Festival estonien à Paris et en Ile-de-France (octobre-novembre 2011), l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs (l’ENSAD) accueille une projection de films d’animation Estoniens de Priit Pärn et du studio Eesti Joonisfilm. Un programme de 108 minutes qui viendra illustrer l’imagination débordante de tous les réalisateurs issus de ce studio, tout à la fois empreint de l’esprit du surréalisme et d’humour absurde.
Films programmés
Hotel E de Priit Pärn (1992) – 29’
Gravitation de Priit Tender (1996) – 8’
Weitzenberg Street de Kaspar Jancis (2002)– 17’
Taste of Life de Ülo Pikkov (2006) – 11’40
A vegetated Director (a short story from an animated film Black) de Priit Tender (2007) – 2’5
Crocodile de Kaspar Jancis (2009) – 17’
Divers in the rain de Priit Pärn / Olga Pärn (2010) – 23’
Infos pratiques
Lundi 17 octobre à 18h30
Amphithéâtres Rodin et Bachelier
31, rue d’Ulm 75005 Paris
Entrée libre – Tout public
Le site de l’ENSAD : www.ensad.fr
Le site du Festival Estonie Tonique : www.estonie-tonique.com
La magie dans les yeux, ils étaient à Paris pour accompagner la sortie de leur troisième long-métrage, « La Fée ». La femme aux taches de rousseurs, Fiona Gordon, et l’homme aux cheveux ébouriffés, Dominique Abel, forment un couple de théâtre reconnu en Belgique et ailleurs. Dans leur travail de cinéma, ils sont rejoints par le discret Bruno Romy. Sans avoir la vocation de faire du cinéma, mais seulement l’envie, ils ont constitué une œuvre cinématographique libre, sensible, cocasse et imaginative. Pour eux, réaliser des films signifie amener le théâtre au cinéma, « tout comme les pionniers du cinéma l’ont fait ».
Nous avons rencontré ce trio comique pour questionner leur parcours, du court au long-métrage, mais aussi leur méthode de travail, la valeur du rire et leur vision du monde contemporain. Il ne s’agit pas d’une interview classique mais d’une rencontre, en trois chapitres, où la fragilité des mots se confond avec la profondeur des idées.
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Articles associés : la critique de « Walking on the wild side », la critique de « Merci Cupidon », la critique de « Rosita »
Demain, dans la journée, juste avant la remise des Prix (dont le Prix Format Court attribué au Meilleur Premier Film), le Festival Paris Courts Devant, que nous suivons ces jours-ci, organise un rendez-vous musical, « Musique des Toiles », avec Benoit Basirico, journaliste & fondateur de Cinézik et Jean-Michel Bernard, compositeur de courts et de longs.
Un piano sous les doigts, jouant en direct sur des extraits de films, Jean-Michel Bernard raconte son travail, ses inspirations, ses choix, ses rapports avec les réalisateurs, l’histoire des thèmes et le cheminement qui le mène à l’élaboration d’une B.O. et pour finir, en live et en apothéose, un mini-concert…
Pianiste de jazz, improvisateur et showman né, Jean-Michel Bernard a travaillé avec les plus grands musiciens de jazz, et accompagné Ray Charles dans sa dernière tournée. Au cinéma, il collabore avec Michel Gondry : il écrit les chan-sons de « Human Nature » (2000), compose les B.O. de « La science des rêves » (2006) et de « Soyez sympas, rembobinez » (2008). À la rentrée 2011, deux films pour lesquels il a composé la B.0. sont prévus en salle : « Bienvenue à bord » d’Éric Lavaine et surtout « L’invention de Hugo Cabret » de Martin Scorsese. La séance sera conclue par un mini-concert, avec quelques invités surprise.
Infos pratiques
« Musique des Toiles » : dimanche 16 octobre – 16h, salle 1 – Festival Paris Courts Devant
Cinéma des Cinéastes – 7 avenue de Clichy, Paris 17ème
Le site du Festival : www.pariscourtsdevant.com
Le site de Jean-Michel Bernard : www.jmbernard.net
La 9ème édition du Festival de Brive (10-15 avril 2012), unique manifestation consacrée au moyen métrage en Europe, est à la recherche de films issus de pays européens. Organisées par la Société des Réalisateurs de Films, les Rencontres poursuivent ainsi la défense de la jeune création. Vous pouvez dès à présent inscrire vos fictions, documentaires de création, films expérimentaux, animations, d’une durée comprise entre 30 et 60 minutes et finalisés après le 1er janvier 2011. Les films tournés et projetés en pellicule ou en vidéo sont acceptés pour cette compétition européenne.

Procédure d’inscription sur www.festivalcinemabrive.fr
1. Téléchargez le règlement du festival et lisez-le attentivement (l’inscription requiert l’acceptation du règlement sans réserve)
2. Enregistrez votre film et votre inscription sur www.filmfestplatform.com
3. Envoyez votre film sur support DVD accompagné de la fiche générée par votre inscription en ligne (signature obligatoire) à l’adresse suivante:
SRF – Rencontres Européennes du moyen métrage
14 Rue Alexandre Parodi
75010 PARIS
Votre film doit impérativement être envoyé avant le 16 Février 2011 (cachet de la poste faisant foi). Tout envoi sans fiche d’inscription signée sera systématiquement rejeté. Les films ne correspondant pas aux critères de sélection (voir règlement) seront systématiquement rejetés.
Vous pouvez inscrire plusieurs films en suivant la procédure sur filmfestplatform.com. Les résultats de la sélection seront communiqués par mail à partir du 15 Mars 2011. Il est inutile de contacter le festival par téléphone.
Plus d’infos : infos@festivalcinemabrive.fr
« Walking on the wild side », un beau titre pour une histoire de malentendus. Ce 3ème court métrage du trio fonctionne autour d’une idée simple : le quiproquo, un des ressorts de la comédie populaire. L’homme, Dom, croit que Fiona est prostituée alors qu’elle travaille comme femme de ménage dans une maison close. Il fait donc appel à ses services sans comprendre le malentendu en cours.
Les réalisateurs débutent leur court métrage sur les chapeaux de roues sans faire l’impasse sur des gags topiques, tels que la rencontre violente et involontaire des deux personnages qui se rentrent littéralement dedans, et le premier dialogue construit autour des balbutiements et des tentatives avortées du personnage masculin. Ils montrent que la parole n’est jamais performative pour leurs personnages mais qu’elle n’est qu’accessoire. Dans « Walking on the wild side », elle ne dénoue en rien les situations de quiproquo, au contraire, elle les provoque. Le scénario d’une grande simplicité est appuyé par une mise en scène construite sur l’imprécision. Tout d’abord, le choix délibéré d’une image granuleuse nous fait pencher du côté des années 80. Les costumes et les décors vont d’ailleurs dans ce sens.

A tous points de vue le traitement de l’image rappelle le format super 8. Le film s’ouvre donc sur une imprécision temporelle. Par ailleurs, les points de vue s’avèrent multiples : plusieurs épisodes sont perçus à travers les yeux de Dom, en caméra subjective : la première rencontre avec Fiona, les plans sur les prostituées dans la rue…. Son regard se fait timide lorsqu’il se tourne vers ce « monde illégal ». Ces jeux de regards et de champ contre-champ préparent le malentendu en jouant sur le sens métaphorique de l’aveuglement. Dom est aveuglé par Fiona la première fois qu’ils se rencontrent et ne cherche aucunement à comprendre le sens de ce qu’il voit. Pourtant leur deuxième rencontre a lieu sur le palier d’une maison close alors que Fiona est en train de faire le ménage. Le spectateur comprend donc immédiatement la mésentente qui s’installe entre les protagonistes. S’en suivent par la suite des situations équivoques et des discussions à double sens. Une scène délicieuse en donne l’exemple : Fiona entre chez Dom après qu’il lui ait demandé ses services (il croit donc qu’elle est prostituée, alors qu’elle, elle vient faire le ménage) et en voyant le désordre de l’appartement, elle s’exclame naturellement « Vous avez besoin de moi ! » auquel le personnage masculin rétorque un « oui » mi-gêné mi-excité.
Formellement, le court-métrage met l’accent sur l’aspect pictural des scènes : les vitrines des prostituées constituent des sortes de tableaux vivants aux couleurs saturées et aux tons désuets, et les femmes deviennent elles-mêmes des figurines. Presque « choisifiées », elles trônent en maîtresses de la luxure dans leurs pièces de verre et demeurent mutiques. Les seconds rôles sont ainsi relégués dans l’arrière boutique et ne servent qu’à rappeler le malentendu fâcheux entre les deux personnages principaux.
Le film pourrait se terminer en tragédie, il se clôt en beauté grâce à une chute (dans les deux sens du terme) tragi-comique voire surréaliste : Dom tombe littéralement sur Fiona après un voyage vertical de plusieurs mètres. Cette chute finale est comme un condensé de l’esthétique promue par les cinéastes depuis leurs débuts, à savoir que « l’humour est [souvent] la politesse du désespoir ».
Dounia Georgeon
Consulter la fiche technique du film
Article associé : l’interview de Fiona Gordon, Dominique Abel et Bruno Romy
Fiche technique

Synopsis : Un matin, un célibataire timide entre en collision avec une grande rousse. C’est le coup de foudre. Comment revoir cette femme que le destin a mise sur sa route ? La seule chose qu’il sait d’elle, c’est qu’elle travaille dans le quartier nord, là où les femmes vendent leurs charmes. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’elle est femme de ménage…
Genre : Fiction
Durée : 13′
Pays : Belgique
Année : 2000
Réalisation : Dominique Abel, Fiona Gordon
Scénario : Dominique Abel, Fiona Gordon
Image : Claire Childeric
Son : Frédéric Meert
Montage : Sandrine Deegen
Décors : Laura Couderc, Bernard Gauilan
Musique : David Goffin
Interprétation : Dominique Abel, Fiona Gordon
Production : Courage mon Amour
Article associé : la critique du film