Né en 1934 à Prague, berceau de grand noms du cinéma d’animation comme Jiri Trinka ou Bratislav Pojar, Jan Švankmajer ne se considère pas comme un cinéaste d’animation. Peintre, sculpteur, « plasticien » (ce terme, pourtant d’usage, semble impropre à quelqu’un qui a passé sa vie à travailler la chair), il partage sa vie et son travail avec Eva, sa femme. Peintre talentueuse, elle est à la fois sa partenaire (certaines sculptures on été faites à quatre mains) et sa muse (la méchante reine d’Alice, c’est elle).
Lors de son passage au Forum des images en octobre 2010, Jan Švankmajer est catégorique : le numérique et la 3D, ce n’est pas fait pour lui. À 76 ans, après près d’une quarantaine de films, Švankmajer ne croit qu’en ce qu’il touche. Car Švankmajer est un cinéaste de la matière. Devant sa caméra, la glaise, le verre, le métal, la viande et le papier s’animent, image par image.
En 1970, il intègre le groupe surréaliste de Prague. Profondément iconoclaste, ce groupe ne pourra travailler que dans la clandestinité pendant la période communiste. Les œuvres de Švankmajer ne sont pas directement politiques, même si, parfois, de par leur violence plastique et leur liberté de forme, elles dérangent la Tchécoslovaquie soviétique de l’époque.
C’est ce régime totalitaire qui lui donnera d’ailleurs sa plus grande obsession d’artiste et de cinéaste : la nourriture. Jugé trop maigre pendant l’adolescence, il est envoyé dans un centre ou l’on gavait littéralement les enfants. Ainsi, chez Švankmajer , les repas sont souvent une torture, que ce soit pour le mangeur ou pour la nourriture elle-même, les rôles pouvant parfois s’inverser.
Švankmajer n’est pas un cinéphile au sens stricte du terme, pour lui, le cinéma s’est arrêté à Murnau (mince… et s’il avait raison ?). Plusieurs cinéastes s’inspirent de son travail et le revendiquent. Du coup, quand il a devant lui Terry Gilliam, David Cronenberg, Peter Greenaway ou les frères Quay, c’est la première fois qu’il entend leur nom.
Jan Švankmajer est l’un des derniers cinémagiciens de sa génération. Un Méliès Tchèque qui utilise des tours, des subterfuges, vieux comme le cinéma. Et n’en déplaise à Tim Burton, cet homo faber tchèque a réalisé à ce jour la meilleure version d’Alice aux pays des merveilles de Lewis Caroll.
Chalet Pointu propose dans son catalogue trois DVD non exhaustifs des courts-métrages de Jan Švankmajer. Présentés dans un ordre non chronologique, ils abordent un aspect particulier du travail du cinéaste tchèque. De l’animation classique au surréalisme en passant par les différentes recherches formelles, c’est l’occasion idéale d’aborder une œuvre plurielle et singulière.
Courts-métrages Volume 1
Ce premier DVD est une entrée en matière, un apéritif. Il comporte six courts-métrages recouvrant une période large de l’œuvre de Švankmajer, de Et Cetera (1967) à Obscurité-Lumière-Obscurité (1990). On y retrouve un panel de styles d’animation différents qui recouvre une bonne partie des talents du maître. Trois films sont essentiels :
– Obscurité-Lumière-Obscurité (1990)
Au commencement, il y a une main, puis deux… Dans le salon exigu d’une maison de poupée, les membres d’un corps en glaise se rencontrent et s’assemblent pour former un corps, le cerveau ne faisant qu’une entrée tardive dans la construction. On retrouve ici une torture du corps chère à l’auteur et un mélange de matière (glaise et morceaux de viandes tels que la cervelle ou la langue), l’homme ainsi reconstitué ne trouvant pas ainsi le bonheur.
– Les possibilités du dialogue (1982)
« L’un des meilleurs films de l’histoire du cinéma » selon Terry Gilliam. On y retrouve trois situations de dialogues entre des têtes ou des langues, du Arcimboldo revisité et torturé, des personnages qui se dévorent les uns les autres. Film somme des obsessions du cinéaste, Les possibilités du dialogue est un film phare, le plus connu et primé en festival dans l’œuvre foisonnante du cinéaste.
– L’appartement (1968)
Film réalisé l’année du printemps de Prague, il est le manifeste surréaliste de Švankmajer. On y voit un personnage (un acteur en chair et en os cette fois) dans un appartement récalcitrant où les murs sont mous, les œufs durs (mais alors vraiment durs !) et la soupe servie avec une cuillère trouée. Le noir et blanc n’est pas sans rappeler celui d’Un chien Andalou. Ce court offre un réel aperçu de la période strictement surréaliste de Švankmajer.
Courts-métrages Volume 2
Ce deuxième opus se focalise essentiellement sur les années 60 et s’attache à montrer que Švankmajer était surréaliste bien avant d’intégrer le mouvement en 1970 et ce, dès son premier film. Les titres de ce DVD sont moins connus, l’animation est parfois balbutiante. Nous pourrions appeler ce DVD « le laboratoire surréaliste de Jan Švankmajer » tant la forme est torturée, en perpétuelle évolution. Ces films sont aussi les plus sombres du cinéaste. Paradoxalement, ce sont aussi les plus humains. L’homme y trouve sa place en tant qu’acteur (une rareté chez Švankmajer), son rapport au monde est mis à mal par les objets, et des forces invisibles et incontrôlables, le parti communiste tchèque y est indirectement visé, ce qui entrainera pour Švankmajer une interdiction de tourner pendant sept ans. Trois exemples :
– Une semaine tranquille à la maison (1969)
Pendant une semaine, un homme s’introduit dans une maison pour observer ce qui s’y passe, et dans ce cas, cela dépasse l’entendement. Film sur le voyeurisme et la place du spectateur, Une semaine tranquille à la maison met en perspective le regard, (le nôtre ou celui de l’auteur) pour nous donner une vue imprenable sur son jardin secret et mettre à mal la position d’observateur et d’observé. Ce film peut être vu comme une métaphore de l’état stalinien qui observe l’art et les artistes, sans rien y comprendre, alors qu’en fait, c’est l’observateur lui même qui est l’objet d’étude, le centre de l’oeuvre.
– La fabrique de petits cercueils (1966)
Deux marionnettes se battent pour la possession d’un cochon d’inde (seul personnage de chair et de sang du film). Nous retrouvons ici les duels chers au réalisateur (même si cette fois, ce n’est pas pour de la nourriture) et le genre classique des marionnettes tchèques est détourné grâce à des gros plans de matière en mouvement propres au surréalisme. Film sur le désir de possession, La fabrique de petits cercueils pousse le duel jusqu’au bout, et seul l’objet de désir s’en sort indemne. Film prophétique, vous avez dit ?
– Le puits, la pendule et l’espoir (1983)
Film postérieur aux autres courts-métrages du DVD, il y a toute sa place de par la forme cinématographique adoptée. Il s’agit du film le plus angoissant de Svankmajer. Allégorie de la torture tournée entièrement en caméra subjective, le film entraîne dans un flot d’images jamais gore, mais souvent oppressantes. On peut voir ce film comme une continuation d’Une semaine tranquille à la maison tant il est question ici de la place du spectateur, cette fois au centre d’une torture visuelle et sonore dont il ne pourra évidemment pas sortir indemne.
Courts-métrages Volume 3
Ce troisième volume est un florilège de films allant de la commande (clip pour MTV et autres) à des film plus connus. Ce sont en général des films plus caractéristiques du style du Švankmajer que nous connaissons, des films peut-être moins formels, mais qui nous donnent à voir les prémices de son fameux Alice. Après les expériences parfois cauchemardesques du second DVD, nous entrons dans un monde à l’apparence plus sereine, mais toujours aussi torturé. La chair est mise à mal, les personnages se décomposent (quand ils ne se mangent pas), les régimes politiques s’anéantissent. A noter qu’en bonus, se trouve un extrait de l’émission « La nuit s’anime » consacré à Eva et Jan Švankmajer à l’occasion de leur exposition au musée-château d’Annecy. Une occasion de découvrir une autre facette de cet artiste.
– Flora (1989)
Film consacré à l’une des obsessions de Švankmajer : la décomposition. Nous y voyons une femme faite de légumes, à la Arcimboldo, impuissante face au pouvoir du temps. Très court (moins de deux minutes) mais d’autant plus percutant, le film comporte lui aussi une violence faussement atténuée par le fait qu’au fond, ce ne sont que des légumes que nous voyons pourrir. L’animation de Flora, son anthropisation et la situation de huis clos donnent toute leur force à cette œuvre.
– La nourriture (1992)
Ce film est un triptyque à la manière des Possibilités du dialogue avec petit déjeuner, déjeuner et dîner. L’obsession de Švankmajer est ici poussée à son paroxysme. L’homme se retrouve tour à tour distributeur de nourriture, auto-cannibale et anthropophage. Nous sommes dans une espèce de Grande Bouffe à la violence démesurée dirigée vers la nourriture de l’autre et les objets. Manger est, dans ce film aussi, une façon de dialoguer. A regarder en dehors des repas.
– La mort du Stalinisme en Bohème (1990)
Švankmajer règle ses comptes avec le stalinisme dans ce film aux références politiques variées (peu lisibles des néophytes) mais ceux qui rêvent de voir Staline se faire fendre la tête en deux seront ravis. Dans le film, les couleurs du drapeau tchèque envahissent peu à peu les objets du quotidien et les icônes du régime, les figures du parti sont mises à mal. Il s’agit du film ou Švankmajer traite de la politique de manière frontale et non métaphorique comme dans ses autres œuvres. On ressent réellement la joie libérée (et parfois sadique) du cinéaste.
Fin 2010, le Forum des images montre une rétrospective des films de Jan Švankmajer en sa présence et les éditions Chalet Pointu proposent trois DVD de ses courts-métrages. Il n’en fallait pas plus à Format Court pour revenir sur l’un des plus grands cinéastes d’animation qui soit. À moins que ce ne soit un des plus grands cinéastes, tout court.
Du 21 janvier au 6 février 2011, se déroulera la 6ème édition du festival Hors Pistes, qui pose, au travers d’une programmation de moyens métrages, un regard sur la variété des formes que l’image prend aujourd’hui : projections, performances, installations, images en réseau ou images éphémères, projection mentale ou images en devenir.
La particularité de cette sélection est qu’elle ne se limite pas aux images artistiques mais y mêle des images scientifiques, télévisuelles ou encore des images d’amateurs. Cette ouverture des frontières décèle chaque année des influences, des orientations, des fractures et des tendances.
A travers une sélection de 40 films de 20 pays, Hors Pistes célèbre les récits déconstruits, les films hybrides et les narrations détournées aux démarches novatrices.
Au stade de l’art au Forum -1, Hors Pistes s’intéresse à un domaine étroitement lié à l’image contemporaine : le sport. Par le moyen de sculptures interactives, d’objets sonores, de programmes vidéos et de performances, il cristallise les gestes, les attitudes et les émotions du sport.
Deux ans… Qui l’aurait cru ? Pas moi, pas vous, pas nous.
Format Court a deux ans. Ca se fête. Débouchez les bouteilles, faites péter les corsages, dénichez les bougies (“elles sont dans le tiroir”, dit un mec en slip. Merci, mec en slip).
Faire le bilan de ces deux années écoulées ne m’intéresse pas. Bien sûr, cela pourrait être tentant d’aller fouiller dans les souvenirs, de retrouver nos vielles têtes d’époque, de se remémorer ce fameux jour où un projet sur le court a osé voir le jour. Personnellement, je n’ai pas envie de cela. Si vous désirez savoir ce qui est arrivé, faites dérouler les éditos, faites jouer votre souris, faites défiler nos sujets. Après tout, ce site conserve ses archives. 1000 sujets publiés en deux ans, dont plus de 300 fiches techniques et près de 160 critiques, cela peut orienter les yeux.
Je ne suis pas la meilleure amie des éditos, cela se sent dans leur rythme de parution. Un jour, lors d’un tel exercice, j’ai tenté d’être Ben, cet artiste aux petites phrases choc du genre “J’aime pas l’école”. Imiter les autres n’est pas chose facile. Combien de feuilles de papier ai-je usées ce jour-là pour illustrer plus que moyennement mon texte ? Mais après tout, c’est ça, Format Court : de la débrouille, de l’humour et beaucoup d’impro.
C’est sûr, nous ne savions pas que ce projet serait plus ambitieux que prévu et que le nombre de films et de festivals à chroniquer allait être plus qu’étourdissant. Tout ce que nous savions, c’était que le cinéma court avait peu de relais médiatiques sérieux et qu’un nouvel objet pouvait le servir, le promouvoir et lui prêter allégeance.
Alors, que dire en vérité à part merci ? Merci à ceux qui nous ont encouragés, qui nous ont soutenus dans notre démarche, qui nous ont dit de ne pas lâcher, qui nous ont invités en festival, qui nous ont remerciés pour nos articles, qui ont déposé des commentaires comme d’autres laissent des pétales sur leur passage.
À Marie, Adi, Sarah, Anne, Gwendoline et Désiré, les acharnés du début qui ont cru à la pertinence d’un site sur le court métrage et qui m’ont suivie dans cette belle mais difficile aventure, à Thierry, Amandine, Amaury, Mathieu, Nadia, ceux et celles qui ont embarqué en cours de route, à Charlotte, Rémy, Manuel, Julien, Cyrille qui viennent juste de se poser sur nos ailes fragiles : merci aussi.
Format Court réunit vos sensibilités, vos styles et vos personnalités. Il n’aurait pas été le même sans vous : il vous, il nous ressemble. Allez, court, Format, court.
APRÈS LES COMBATS DE COQS… LES COMBATS DE TEE-SHIRTS !
Si on faisait autrefois s’affronter les coqs dans les Gallodromes, c’est aujourd’hui à un tout autre combat que nous vous proposons d’associer votre court métrage.
AFFICHEZ VOS COULEURS !
Chicon, wassingue, terrils, carnaval, géants… notre région, le Nord-Pas-de-Calais, est riche de traditions, de symboles, d’expressions qui n’appartiennent qu’à nous… et qui font notre fierté !
Ces codes, nous vous proposons de vous en emparer pour les détourner, les (ré)interpréter, les recomposer à votre sauce, selon votre patte (de coq ou de poule) artistique pour nous pondre un court métrage d’animation très « couleur locale » !
CONTRAINTES
Les créations doivent comporter un lien évident avec la région Nord-Pas-de-Calais (symboles, expressions, etc.) et mettre en scène le support tee-shirt. En gros, évitez de pasticher un film de Romero en mettant en scène un zombie basque endossant un tee-shirt « I LOVE THE JAMBON DE BAYONNE » ! On en rencontre très peu dans la région…
Calendrier :
21 février 2011 : date limite de réception des candidatures à l’adresse postale mentionnée ci-dessus
1er mars 2011 : publication de la liste des films en compétition
Ouverture des votes pour le Prix du public
19 et 20 mars 2011 : projection des films en compétition sur la Fête de l’animation.
Prix :
Remise du Prix : un prix du public sera décerné par les internautes, et un prix du jury par un jury de professionnel.
Le meilleur film d’animation recevra un prix de 500 € et 1 tee-shirt du Gallodrome au choix par participant.
Les lauréats seront annoncés lors de la Fête de l’animation (horaire précis communiqué ultérieurement), en présence des réalisateurs et du Jury (sous réserve).
Nous sommes à la recherche de personnes résidant de préférence à Paris (mais pas seulement), ayant un peu de temps et de chouettes qualités humaines (curiosité, ouverture, …) à consacrer au projet ainsi qu’une connaissance approfondie du court métrage dans la poche.
Nos besoins : de nouveaux auteurs
L’équipe rédactionnelle de FC est de plus en plus sollicitée par le nombre de films et de festivals. Pour couvrir au mieux l’actualité du court, nous avons besoin de nouveaux rédacteurs, étudiants en cinéma, critiques en herbe ou « simples » cinéphiles. Dites-nous pourquoi vous souhaitez écrire pour le site, faites-nous part de vos qualifications, centres d’intérêt et/ou expériences personnelles en lien avec votre candidature, et envoyez-nous la critique d’un court métrage que vous avez aimé. Pour tout renseignement ou pour nous montrer vos petites mains : info@formatcourt.com.
Nos autres besoins : de nouveaux cadreurs/monteurs
Jusqu’ici, nos entretiens s’articulaient beaucoup autour du registre parlé. Nous avons dorénavant (enfin ?) envie de vraiment prendre en considération la vidéo et de recueillir la parole de nos interviewés (réalisateurs, producteurs, comédiens, techniciens, programmateurs de festivals, …) en images. Vous résidez à Bruxelles ou à Paris et vous avez envie de faire un bout de chemin avec nous ? Envoyez-nous vos démos, liens, qualifications, etc. à info@formatcourt.com.
Je criais contre la vie. Ou pour elle – Prix de la Presse et Prix Emile Reynaud des adhérents de l’Afca
De Vergine Keaton, 8’, 2009, 25 films production
Dans une forêt, un troupeau de cerfs se retourne contre la meute de chiens qui le poursuivait jusque-là.
Georges – Mention spéciale du jury professionnel pour un film de fin d’études
De Gaëlle Lasne et Maxime Ganger, 5’, 2009, Emca
Georges, un petit garçon qui se grattait le nez sans cesse.
Mémoires de chiffons – Mention spéciale du jury presse pour un film de fin d’études
De Marie-Pierre Hauwelle, 4’30, 2009, La Poudrière
Lucie, une femme d’âge mûr, redécouvre les robes de son passé. Une à une, elles lui évoquent des souvenirs
de sa sœur aînée.
Hubert, l’homme aux bonbons – Mention spéciale du jury presse pour un court métrage pro-
fessionnel
De Marie Paccou, 8’30, 2009, Les Films de l’Arlequin
L’histoire vraie d’un homme qui cherchait l’amour.
Au bal des pendus – Mention spéciale du jury professionnel pour un court métrage professionnel
De Johan Pollefoort, 8’, 2010, Les Films du Nord
C’est dans la mort qu’on se retrouve tous ensemble, libres et égaux.
Sauvage – Mention spéciale du jury professionnel pour un film de fin d’études
De Paul Cabon, 4’40, 2009, La Poudrière
Le retour à l’état sauvage d’un homme chauve.
Parade – Prix SACD du meilleur film de fin d’études (ex aequo) et Mention spéciale du jury professionnel
pour la composition musicale originale
De Pierre-Emmanuel Lyet, musique : Mathieu Balanant, 8’, 2009, Ensad
Un personnage veut se libérer de son imaginaire débordant pour séduire une femme.
Stretching – Prix SACEM de la meilleure composition originale
De François Vogel, musique Alain Cure, 4’30, 2009, Drosofilms
Un personnage excentrique pratique une sorte de gymnastique urbaine, le long des rues de Manhattan.
L’architecture se mêle à son jeu et entre dans cette drôle de danse.
Ru – Prix SACD du meilleur film de fin d’études (ex aequo)
De Florentine Grelier, 8’50, 2009, Les Trois Ours & Les Sentinelles Eternelles
La fusion sexuelle ne suffit pas à Céline, qui aimerait tout connaître de Matthieu.
Fard – Prix de la Jeunesse et Mention spéciale du jury pour un court métrage professionnel
De David Alapont et Luis Briceno, 12’55, 2009, Metronomic
A mi-chemin entre Matrix et Métropolis, l’histoire d’Oscar, citoyen émérite, qui fait malgré lui la découverte
d’une chose atroce : la réalité.
Je en Jeu – Grand prix du film de fin d’études
De Guillaume Bourrachot, 4’, 2009, La Poudrière
Dans un théâtre, deux comédiens répètent une pièce avec leur metteur en scène.
Mei Ling – Grand prix du court métrage professionnel
De Stéphanie Lansaque et François Leroy, 15’, 2009, Je suis bien content
Mei Ling, jeune chinoise oisive, vit seule dans son appartement en attendant son amant. Jusqu’au jour où
elle découvre un minuscule poulpe caché dans l’évier. Elle décide de l’adopter pour tromper son ennui. Le
poulpe grandit…
Infos pratiques : Cinéma Le Denfert, 24 place Denfert-Rochereau, Paris 14e – M°Denfert-Rochereau
Tarif unique : 5 euros – Gratuit sur présentation de la carte d’adhérent Afca, dans la limite des places disponibles Date/heure : mardi 11 janvier 2011 19:30
La première édition du festival de cinéma documentaire FranceDoc aura lieu début mai 2011 à Paris et Saint-Denis (Ile-de-France). Une partie de la programmation sera reprise ensuite à l’étranger dans différents pays. L’inscription est gratuite. Courts et longs métrages sont acceptés. Les reportages, films d’entreprise, publicitaires ou institutionnels ne sont pas admis.
Les copies des films documentaires sont à envoyer avant le 15 mars 2011 :
– par courrier comprenant la fiche d’inscription et un DVD à :
Association FranceDoc 214 rue Saint-Denis 75002 Paris.
– ou par mail (info@francedoc.com) comprenant la fiche d’inscription
et un lien internet vers le film en ligne ou en téléchargement.
Vous pouvez télécharger la fiche d’inscription sur www.francedoc.com, rubrique « Festival ».
Contact : Mickael Muraz
Association FranceDoc
Tel +33 (0)1 80 06 69 89
Depuis de nombreuses années, le Carrefour de la création soutient la découverte de films et favorise l’émergence de projets d’animation. Les Appels à projets permettent de donner une impulsion souvent décisive à la création. Ainsi, le Festival est l’occasion pour les réalisateurs de présenter leur projet devant un panel de professionnels. Ils rencontrent les partenaires financiers et artistiques nécessaires à l’aboutissement de leurs projets.
Les Appels à projets se déclinent en 4 catégories : Courts métrages, Longs métrages, Séries et spéciaux d’animation pour la télévision, Cross-média
Pour tous, sélection par un comité d’experts, organisation de rencontres, aide à la prise de rendez-vous… Profitez du contexte unique d’Annecy pour réunir des partenaires et propulser vos projets à la conquête des écrans.
Comment inscrire un projet?
Consultez le règlement et les modalités d’inscription pour chaque catégorie dans les formulaires correspondants.
Pour inscrire votre projet, envoyez le dossier d’inscription complété avec l’ensemble de la documentation spécifiée dans les différents formulaires avant le 15 février 2011 à :
CITIA, Géraldine Baché,
c/o Conservatoire d’art et d’histoire,
18 avenue du Trésum, BP 399,
74013 Annecy Cedex, France.
* respecter les conditions de présélection
(œuvre réalisée image par image…),
* remplir le PDF interactif d’inscription et l’envoyer par courriel à film@citia.org
Puis, imprimer et signer le formulaire PDF interactif d’inscription, et l’envoyer avant le 1er février 2011 (pour les longs métrages le 15 mars 2011) accompagné des documents et du matériel demandés à
CITIA, Laurent Million,
c/o Conservatoire d’art et d’histoire,
18 avenue du Trésum, BP 399,
74013 Annecy Cedex, France.
1. Translating Edwin Honig : A Poet’s Alzheimer’s d’Alan Berliner (États-Unis)
2. Höstmannen de Jonas Selberg Augustsén (Suède)
3. The Cow Who Wanted to Be a Hamburger de Bill Plympton (États-Unis)
4. Incident by a bank de Ruben Östlund (Suède)
5. All Flowers in time de Jonathan Caouette (États-Unis)
Adi Chesson
1. Kwa Heri Mandima de Robert-Jan Lacombe (Suisse)
2. The Lipsett Diaries de Théodore Ushev (Canada)
3. Stardust de Nicolas Provost (Belgique)
4. Nola d’Askia Traoré (Tchad, France)
5. Magic for Beginners de Jesse McLean (États-Unis)
Marie Bergeret
1. Thermes de Banu Akseki (Belgique)
2. Hideway de Petra Szocs (Hongrie)
3. A Lost and found box of human sensation de Martin Wallner et Stefan Leuchtenberg (Allemagne)
4. Stardust de Nicolas Provost (Belgique)
5. Kwa Heri Mandima de Robert-Jan Lacombe (Suisse)
Amaury Augé
1. All Flowers in time de Jonathan Caouette (États-Unis)
2. Coloscopia de Benoit Forgeard
3. Tussilago de Jonas Odell (Suède)
4. Petit tailleur de Louis Garrel (France)
5. Stardust de Nicolas Provost (Belgique)
Mathieu Lericq
1. Archipel de Giacomo Abbruzzese (Palestine)
2. C’était quand ? Non. Il y avait quoi ? Oui. Hommage à Éric Rohmer de Jean-Luc Godard (France)
3. La Confession de Tanel Toom (Royaume-Uni)
4. Day & Night de Teddy Newton (États-Unis)
5. Mort par suffocation de Visar Morena (Allemagne)
Xavier Fayet
1. Man in a Room de Rafael Palacio Illingworth (États-Unis, Suisse, Mexique)
2. On the Way to the Sea de Tao Gu (Canada, Québec, Chine)
3. The External World de David O’Reilly (Allemagne)
4. Traumdeutung de Lauri Warsta (Royaume-Uni, Angleterre )
5. Shikasha d’Isamu Hirabayashi (Japon)
Rémy Weber
1. The Shutdown » Adam Stafford (Royaume-Uni)
2. Itt Vagyok de Bàlint Szimler (Hongrie)
3. Hurlement d’un Poisson de Sébastien Carfora (France)
4. Noyla de Murat Cem Öztükefçi (France, Turquie)
5. La Petite Sirène d’Adrien Beau (France)
En novembre 2011, aura lieu la 14ème édition du festival Filmer à tout prix organisé par le Gsara. Le Fonds Henri Storck s’ associe à lui dans le cadre de la sélection et la compétition « Perspectives du cinéma documentaire belge ». Cette section belge présentera du cinéma documentaire belge des films des deux communautés avec l’attribution du prix Henri Storck.
Par ce partenariat, le Fonds Henri Storck souhaite donner aux films la possibilité de rencontrer leur public, le plus large possible et de présenter le documentaire dans sa pluralité de forme et d’ écriture, reflet de la vitalité du cinéma du réel. La sélection belge reprendra les films inscrits depuis 2008. Le règlement est disponible sur le site www.fatp.be.
Date limite d’inscription et d’envoi des copies de sélection:
Films terminés en 2008 – 2009 – 2010 : 30 janvier 2011
Les films déjà inscrits pour l’édition 2008 ne peuvent pas être réinscrits
Films terminés en 2011 : 15 juin 2011
Les films en cours de finition doivent également être inscrits avant le 15 juin 2011
La copie de travail doit impérativement nous parvenir avant le 5 septembre 2011
Pour plus d’ informations:
Natacha Deryke-Directrice
Fonds Henri Storck
tel +32 (0)2 219 63 33
+32 (0)473 75 70 27
info@fondshenristorck.be
Alexander Weiss – Directeur artistique – Artistic director
FILMER A TOUT PRIX
Tel +32.218.58.85
Fax +32.217.29.02
Mobile +32.475.57.47.75
Il vous reste encore une dizaine de jours pour faire un petit film mobile de 2 minutes maximum ou monter ce que vous avez déjà filmé et tenter de démarrer l’année en beauté.
Les films doivent parvenir avant le 10 janvier 2011 à 12h00.
Des prix sont en jeu pour plus de 3.000 euros, la soirée de clôture et la remise des prix 2010 aura lieu le 22 janvier 2011 dans une ambiance relax à Recyclart (Bruxelles).
Cinextur “International Nature Tourism Film Festival” ouvre son appel à films. La première édition du festival aura lieu à Cáceres, en Espagne, du 7 au 9 avril 2011 et s’intéresse aux travaux visant à promouvoir la richesse d’un territoire ou d’une région.
Conditions
* Genres acceptés : fictions, animations, films documentaires produits en Europe en dehors des œuvres à contenu promotionnel ou institutionnel
* Film terminé après le 1er Janvier 2008
* Durée maximum : 55 minutes (génériques inclus)
* Films produits dans les formats suivants : 16 et 35 mm, vidéo. Les films seront projetés en DVD (PAL)
* Pour les films non espagnols, les films doivent être sous-titrés en espagnol, en anglais ou en français
Prix
Les prix décernés seront attribués dans les catégories suivantes :
* Meilleur documentaire: 5000 Euros + Statuette.
* Best Fiction / Animation: 5000 Euros + Statuette.
* « Taejo Internacional » Prix du meilleur film tourné à Extremadura: 5000 Euros + Statuette.
Infos
Date limite d’inscription : 18 Février 2011
Consultez le règlement et enregistrez votre film en ligne sur www.cinextur.com
CONTACT : CINEXTUR « Certamen Internacional de Cine de Turismo de Naturaleza »
Cáceres, ESPAGNE
Synopsis : Clément a 24 heures pour se décider à vivre ou pas avec sa copine. Constance, la meilleure amie de Clément veut sauver son couple en persuadant Clément que toutes les filles sont semblables. Afin qu’il s’en rende compte, elle lui propose de devenir expérimentalement sa copine durant une journée.
Genre : Fiction
Durée : 49′
Année : 1998
Pays : France
Réalisation : Emmanuel Mouret
Scénario : Emmanuel Mouret
Image : Aurélien Devaux
Son : Ludovic Escallier
Montage : Sarah Turoche
Musique : Vincent Charrier
Interprétation : Marie Piemontese, Maïté Maille, Clémentine Baert, Emmanuel Mouret
Concentré sur ses projets, Sébastien Laudenbach lève rarement la tête. Heureusement, il y a Bruz pour faire sortir cet ancien élève et actuel prof aux Arts Décoratifs de Paris. Invité au festival d’animation pour dévoiler les secrets de « Regarder Oana », il profite des canapés mous pour faire ses autres confidences.
Comment t’es-tu retrouvé dans l’animation et aux Arts Décoratifs (ENSAD) ? Est-ce que des films t’ont porté étant môme ?
J’ai toujours dessiné mais je n’étais pas particulièrement prédestiné à faire une école d’art. À la sortie du bac, je ne savais pas trop ce que j’allais faire. On m’a poussé à faire une préparation en arts appliqués, et pendant l’année, on a demandé aux élèves qui voulait passer le concours aux Arts Décoratifs. Tout le monde a levé la main sauf moi donc je l’ai passé aussi et j’ai été reçu. Au départ, je voulais plutôt faire de l’illustration, je connaissais le travail de Jean-François Laguionie et de René Laloux, mais la bande dessinée que je lisais énormément étant enfant m’avait beaucoup plus marqué que l’animation. Et puis, au cours de mes études, un groupe d’étudiants en deuxième année a voulu créer une section Animation. L’administration a accepté donc naturellement, je m’y suis retrouvé. À l’époque, j’étais délégué avec Claire Fouquet (« Vos papiers »), j’étais pour la création de la section sans savoir encore que j’allais la faire. Puis les choses se sont enchaînées, mon film de fin d’études, « Journal », a été projeté dans un bar. Les représentants de Magouric, une société de production et de distribution, l’ont vu. Ils m’ont contacté et m’ont proposé de s’occuper du film. Je l’avais tourné en 16 mm, j’avais fait une post-production vidéo, et ils m’ont aidé à faire une post-production pellicule. Il y a donc deux montages du film.
Tu fais partie de la première promo. Comment est-ce qu’à cette école, on considérait le film de fin d’études ? Comment ça s’est passé pour « Journal » ? Est-ce que tu as fait un film pour faire un film ?
Oui, j’ai fait un film pour faire un film. Il y avait beaucoup moins de formation d’une manière générale. La Poudrière n’existait pas, l’EMCA (‘École des métiers du cinéma d’animation) non plus, il y avait les Gobelins et Supinfocom, mais le marché du film d’étudiants était beaucoup moins concurrentiel, et les films étaient plus bricolés d’une manière générale. J’ai été le premier surpris de voir que ce film-là circulait parce que mon unique but était d’avoir un diplôme. Et pendant qu’on a fait la deuxième version de « Journal », Laurent Bénégui, le producteur de Magouric, m’a proposé d’écrire un scénario de long métrage d’animation. Je ne connaissais rien à rien et je le connaissais à peine. Lui, ça l’amusait. Il m’a dit : “Écris-moi une page”. Je me suis associé avec un copain, Jean-Julien Chervier, pour cela. On a eu de l’argent pour écrire le scénario. J’ai travaillé dessus pendant deux ans mais le projet n’a jamais abouti.
« Journal » se feuillette entre octobre 1996 et mars 1997 et se construit au jour le jour comme un journal intime. Comment l’as-tu anticipé ?
Quand j’ai décidé de faire mon film de fin d’études, je ne savais pas trop ce que j’allais faire. Première idée, j’allais faire un film porno, deuxième idée, j’allais faire un journal. J’en ai parlé à Marie Paccou qui m’a dit : “Fais-en un journal, c’est plus rigolo, c’est plus libre”. En début d’année, j’ai donc dit à mes professeurs que j’allais faire un journal, qu’il n’y aurait pas de scénario, de story-board, de layout, rien de la chaîne traditionnelle d’un film d’animation. L’un d’eux, Georges Sifianos, n’était pas très content mais m’a fait confiance. Il fait souvent référence à cette expérience-là comme quelque chose qui l’a plutôt surpris.
Ça ne m’intéressait pas d’avoir un scénario. Je voulais construire un film comme on fait un modelage : on amalgame, on enlève, on change, et puis, il y a des jours avec et des jours sans. L’idée était de travailler complètement comme un journal. Pour le film, j’ai tenu trois journaux, un en animation, un écrit et un oral que je n’ai d’ailleurs jamais réécouté. J’ai commencé à m’intéresser aux journaux filmés, au travail de Jonas Melkas, à celui d’Alain Cavalier. Ce qui m’intéressait, c’était l’aspect autobiographique et le côté imprévisible.
Dans les écoles, on apprend les techniques via les exercices et les films. Dans ton travail, tu varies beaucoup les techniques et tu joues pas mal avec l’idée de l’autobiographie, du personnel…
Je crois que chaque film est déterminé par le précédent. Quand j’ai fait « Journal », on m’a tellement dit quand est-ce que tu fais « Journal 2 » ? Ça ne m’intéressait pas, je n’avais pas envie de refaire en mieux ou en moins bien mon film, j’avais envie de faire un film classique avec un scénario, une histoire, des personnages, un rendu plastique qui soit plus traditionnel. Ça a donné « Des câlins dans les cuisines ». « Morceau», je le mets à part parce que c’est une toute autre histoire et pour « Regarder Oana », le film se veut une rupture esthétique avec « Des câlins », et les choix techniques sont partis du concept de faire un film avec des mots, à lire et à écouter. De là, j’ai tiré le personnage de la traductrice, qui est plutôt dans l’intellect, qui passe d’une langue à l’autre et celui d’un alter ego complémentaire, cuisinier ou pâtissier qui serait dans la chair. C’est pour ça qu’il y a des mots écrits dans des matières alimentaires dans le film. « Vasco » est également en lien avec le film précédent. J’avais envie de continuer à travailler sous caméra et d’adapter une chanson de Dominique A qui parlait d’horizon. L’horizon, c’est la mer, le sable, on en arrive assez vite au sable animé sur verre.
Tu parles de réaction avec les films précédents. Tu as fait des films dans des endroits peu conventionnels, dans des salons, dans des cuisines. Est-ce qu’avec « Regarder Oana » et « Vasco », tu es entré dans des conditions de fabrication plus professionnelles ?
« Regarder Oana » et « Vasco » ont été faits à Centre Images, ils ont été bien produits tous les deux. Dans ces termes-là, il n’y a pas vraiment de différence, c’est plutôt en termes de langage. C’est clair que « Vasco » est une réaction à « Regarder Oana », j’ai voulu faire une espèce de contraire. « Regarder Oana » est un film difficile à regarder, dense, peu séduisant, tout en subtilité, qui a un côté foisonnant, qui est un jeu intellectuel. C’est un film que j’aime beaucoup car je trouve qu’il y a beaucoup d’ambition dedans. Ce n’est pas forcément un film très réussi mais pour moi, la barre est assez haute dans le contexte général des films d’animation traditionnels que je vois. Je trouve que c’est un film qu’on peut revoir plusieurs fois à partir du moment où on n’est pas dégoûté la première fois.
« Vasco » est différent. Je voulais justement faire un film séduisant, beaucoup plus facile à aborder avec une technique bien plus simple et un contexte de production plus ample puisqu’on était trois animateurs. C’est une lettre à la poste, un film à effets à tous les niveaux (animation, musique, son, …). Je voulais savoir si j’étais capable de faire un film facile à concevoir, à fabriquer, à regarder. Le film n’atteint pas totalement les ambitions que je lui avais fixées, mais par contre, je vois qu’il a quand même été très aisé à faire, Arnaud Demuynck a très vite accepté de le produire et les financements sont arrivés rapidement.Il est facile à regarder, le public sort de la salle enthousiaste même si certaines personnes me disent ne pas avoir tout compris.
Tu es beaucoup dans le détail, dans la minutie. Est-ce que tes films sont compliqués à fabriquer ?
Pour le moment, ils ne le sont pas. De temps en temps, la matière résiste un peu. Les objets sont encore plus insaisissables que le sable. Il y a eu des moments sur « Regarder Oana » où j’étais vraiment dépassé par la matière. Sur « Vasco », j’ai très peu animé, j’ai travaillé avec des gens plus doués que moi qui ont apporté beaucoup au film.
« Vasco » fait référence à l’appel du large, à l’horizon, à la liberté. Est-ce qu’il s’inspire aussi de l’histoire imaginaire de Vasco de Gama, explorateur en soi ?
Oui. Je ne me suis pas inspiré de lui mais il se trouve qu’à l’origine de ce film, il y a deux chansons, “L’horizon” de Dominique A mais “Rosa” de Brel qui a donné son prénom au personnage féminin du film. Dans cette chanson, un jeune homme se rend compte qu’il ne sera jamais Vasco de Gama. Il abandonne ses illusions d’enfant et de jeune adolescent, ses ambitions de grand espace et de découverte. Le film s’appelle « Vasco » pour ça.
Parallèlement à tes activités de réalisateur, tu enseignes aux Arts Décos et tu crées les génériques et les affiches des films dont ceux d’Emmanuel Mouret. Comment est née cette collaboration ?
Je suis le travail d’Emmanuel Mouret depuis son moyen métrage, « Promène-toi donc tout nu » dont j’ai fait l’affiche. Parmi les personnes qui ont vu « Journal » dans ce fameux bar, il y avait Chöé Lorenzi qui était attachée de presse et Thomas Ordonneau qui était en train de créer Magouric Distribution. Ils m’ont proposé régulièrement de faire des affiches de films notamment de moyens métrages sur la collection Décadrages qui a édité le film d’Emmanuel Mouret. Depuis qu’il est passé au long avec « Laissons Lucie faire » produit par Les Films Pelléas, on collabore plus ou moins régulièrement. Je trouve qu’il a un parcours très atypique dans le cinéma d’aujourd’hui, et j’aime bien ce qu’il fait tout simplement.
Ça t’intéresse de t’écarter de l’animation et de travailler sur des projets en prises de vues réelles en ne les suivant pas de A à Z ?
Par mes rencontres, j’ai été beaucoup plus en lien avec le monde du cinéma, de la prise de vues réelles que de l’animation. La collection Décadrages m’a permis de découvrir des cinématographies qui m’ont secoué, notamment à travers les films de Jean-Paul Cyveirac, d’Yves Caumon, de Philippe Ramos, d’Emmanuel Mouret ou d’Alain Guiraudie dont le travail m’a intéressé voire franchement enthousiasmé. Magouric, Les Films Pelléas, ce ne sont pas des gens qui sont dans l’animation et j’ai toujours considéré que c’était plutôt une chance de travailler avec des gens comme eux.
Est-ce qu’à l’inverse, être en contact avec eux te permet d’évoluer dans l’animation que tu fais ?
Je ne peux pas répondre clairement. Sûrement, ça m’influence de manière générale. Je suis beaucoup plus intéressé par les films qui ne sont pas dessinés. Les films d’animation ne m’intéressent pas beaucoup, davantage ces dernières années parce que j’y trouve un haussement de la qualité, de la densité, de la profondeur.
Je ne sais pas si je serais capable de faire un film en prises de vues réelles. Il se trouve que je suis en train d’en écrire un avec Chiara Malta, ma compagne, mais de toute façon, dès que j’ai fait « Journal », plein de gens m’ont dit : “Toi, tu feras de la prises de vues réelles”. Je voyais peu de choses qui ressemblaient à ce que je faisais donc j’avais l’impression d’avoir une petite place, un petit coin qui n’appartenait qu’à moi. Je n’ai pas l’impression d’en avoir un en prises de vues réelles ni en bande dessinée même si j’ai souvent eu envie d’en faire, alors qu’en animation, j’ai vraiment l’impression d’avoir mon pré carré.