The Voice Thief de Adan Jodorowsky

Fiction, 27′, France, Chili, États-Unis, 2013, Knightworks

Synopsis :  Naya, chanteuse d’opéra, se fait étrangler par son mari Noev après une violente dispute et en perd sa voix. Alors que sa raison de vivre a disparu, elle menace de le quitter s’il ne répare pas le mal qu’il lui a causé avant minuit. Se sentant coupable, Noev déambule de nuit, désespéré, à la recherche de la voix parfaite pour se faire pardonner.

Avec « The Voice Thief », lauréat du Grand Prix Canal+ et du Prix du Public à 19ème édition de l’Etrange Festival 2013, le réalisateur et musicien Adan Jodorowsky livre une histoire emprunte de mysticisme et de symbolisme dans un style baroque où l’exubérance côtoie l’érotisme et le burlesque. Le film est inspiré de l’un des contes écrits par le père d’Adan Jodorowsky, Alejandro Jodorowsky : « El Ladron de Voces ». Le réalisateur s’inscrit donc dans la tradition familiale en produisant ce film aux tons surréalistes et provocateurs comme certains films réalisés par son père.

Versatile, c’est ainsi que l’on pourrait décrire le style d’Adan Jodorowsky dans ce film. On voit s’enchaîner et s’opposer émotions, concepts et couleurs dans l’histoire de Noev et Naya traversée par l’amour et la haine, le bien et le mal. Le spectateur oscille entre les tons et les couleurs, tantôt vives, tantôt sombres au rythme de la musique digne d’un opéra de Rob, le claviériste du groupe Phoenix. Tout ce conflit ambiant est encore plus mis en valeur par le jeu des acteurs. Asia Argento est troublante dans le rôle de Naya, épouse diabolique et meurtrie. Et Cristobal Jodorowsky, le propre frère d’Adan Jodorowsky, se montre particulièrement touchant dans le rôle de Noev, mari dévoué et désespéré.

Gaël Hassani

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