Jamais Jamais de Erwan Le Duc

Après avoir réalisé en 2012 « Le Commissaire Perdrix ne fait pas le voyage pour rien », Erwan Le Duc revient cette année avec son deuxième court métrage « Jamais Jamais », en compétition officielle au Festival de Vendôme.

Le réalisateur met une nouvelle fois en scène les forces de police et nous immerge cette fois-ci dans un commissariat le week-end de Pâques. Deux collègues que tout oppose, Françoise et Clémentine, se retrouvent au cours d’une mission confrontée à leurs angoisses, pour finalement se découvrirent l’une à l’autre.

Françoise, collants rouges et jupe en jean, est l’insouciante, la rigolote. Interprétée par Julie-Anne Roth, Françoise est divorcée et mère d’une fillette dont elle oublie l’anniversaire. Elle est l’énergie, l’anarchie, la provocation pour dissimuler son mal-être.Face à cette attitude je-m’en-foutiste, Maud Wyler incarne Clémentine, discrète et rigoureuse. Clémentine et son mari tente d’avoir un enfant, mais la jeune femme ne veut pas d’une progéniture et n’ose avouer cette vérité qui la ronge.

Le commissariat est le lieu d’affrontement de ces deux femmes remplies de frustrations, où l’une intériorise quand l’autre déborde. Erwan Le Duc les y oppose, définissant un cadre à chacune, un espace. Clémentine est face à son bureau, droite et travailleuse alors que Françoise est une pile électrique, négligemment installée et peu consciencieuse. Quand elles se retrouvent dans le même cadre, cette dernière envahit l’espace de sa collègue. Françoise défie, Clémentine résiste. La provocation est maximale, sous l’œil amusé d’un policier joué par Eddie Chignara, qui a lui seul apporte une légèreté comique au film.

C’est finalement au cours d’une patrouille pour tapage nocturne, hors de toute limite, que le duo finira par briser les apparences. Les deux commissaires s’invitent à la fête, lieu d’illusions et de révélations où chacune trouvera l’élément déclencheur pour sortir du rôle dans lequel elle s’était enfermée.

La remise en question est un sujet difficile à traiter. Malgré la lourdeur que ce thème pourrait laisser envisager, Erwan Le Duc réussit grâce à des répliques drôles voire cyniques à injecter l’humour nécessaire pour ne pas tomber dans le pathétique et l’apitoiement. Tout comme ses personnages, le réalisateur a trouvé son équilibre.

Carine Lebrun

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