Stone Cars de Reinaldo Marcus Green

« Stone Cars » captive notre attention dès la première image qui nous est donnée, sans introduction aucune. On y est confronté, en plan très serré, à une main masculine se faufilant sous une jupe d’écolière, aussitôt repoussée. Elle n’insiste que peu, ou du moins le fait en douceur. Puis, lentement, la caméra s’écarte et montre un couple d’adolescents qui se câline amoureusement sur une colline surplombant la ville du Cap, en Afrique du Sud. Cette première scène annonce le mélange entre violence et amour qui se poursuivra tout au long du film.

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« Stone Cars » est percutant et assez court. En moins d’un quart d’heure, nous partageons les moments les plus importants de la vie d’April via les quelques jours qui précèdent son dépucelage et ses appréhensions devant le passage de l’acte.

Parallèlement, le film nous montre les conditions de vie d’une jeune adolescente dans un endroit parmi les plus dangereux du monde. Il prend place au sein du bidonville de Khayelitsha, un des plus peuplés d’Afrique du Sud. On y suit le quotidien violent d’April, harcelée par une bande de jeunes qui l’incitera à prendre une décision importante pour elle. En réponse à l’animosité ambiante, April fera preuve de force et de ténacité et s’accrochera à son histoire d’amour.

Reinaldo Marcus Green, réalisateur et producteur, a choisi de travailler avec une lumière pure et sans artifice pour nous plonger le plus naturellement possible dans le décor impressionnant de cette ville, dans la foule de Khayelitsha. Le temps du film, on se sent vivre parmi ces enfants qui jouent aux petites voitures avec des briques, des « stone cars », ou dans ce marché où April vend des gâteaux avec sa mère pendant le week-end.

La caméra portée à l’épaule, souvent très proche des personnages, laisse aux personnages et aux spectateurs peu d’espace pour respirer, et renforce cette violence et le sentiment de mal-être que l’on peut éprouver pour April. C’est dans un premier rôle bouleversant qu’Olwethu April, la jeune comédienne, porte ce film et assoit la justification de sa sélection à la Cinéfondation du Festival de Cannes, cette année.

Zoé Libault

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One thought on “Stone Cars de Reinaldo Marcus Green”

  1. Vraiment, j’ai très envie de voir ce film parce que j’aime tout simplement me rapprocher des autres et ce film ainsi que sa présentation est la promesse d’une rencontre. .

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