En Août de Jenna Hasse

À l’origine, la Suissesse Jenna Hasse est comédienne et sait comment diriger les acteurs. Dans son premier film, « En Août » en sélection à la Quinzaine des Réalisateurs, l’interprétation de David Lemoine dans le rôle du père et de Clarisse Moussa dans celui de sa petite fille, est excellente. Certes, dans ce film, tout paraît un peu trop beau et idyllique : le décor des montagnes suisses à couper le souffle, la jolie maison familiale avec le chant des oiseaux autour, le cabriolet, le père ayant des allures de flambeur et la fillette à la bouille craquante. La situation n’en est pas moins crédible et poignante.

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Ce matin d’août, la petite Margaux se réveille et découvre par la fenêtre que son père remplit sa voiture de tout un tas de cartons, tandis que sa mère dort encore. Pas besoin d’en dire plus, la fillette comprend que son père quitte la maison. Sa tristesse passe d’abord par de la colère envers son père et si elle l’observe avec fascination lorsqu’il se rase, elle refuse pourtant qu’il s’occupe d’elle et le repousse violemment. S’ensuit la peur de le perdre avec une scène où Margaux rattrape son père in extremis avec un regard suppliant et celui-ci lui propose alors une dernière virée en voiture avec lui en la plaçant sur ses genoux, les mains sur le volant. Moment d’une douceur extrême, ici au son d’une bossa nova, où la complicité entre le père et l’enfant passe par le jeu et la protection. Ils en profitent d’autant plus qu’ils sont tous les deux conscients chacun de leur côté, que ce sera un de leurs derniers moments de bonheur passés ensemble.

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En rentrant à la maison, le petit ange blond retient ses larmes de voir partir son papa et finira par se réfugier dans les bras de sa mère. À l’évidence, cette ballade entre père et fille aurait pu être anodine, mais elle restera gravée à jamais dans la tête de l’enfant dont la vie ne sera plus jamais la même. La force de Jenna Hasse avec ce film d’à peine 9 minutes, réalisé sans trop de moyens est d’avoir su cerner ce dernier moment d’intimité avec un ton si juste, si sensible que l’on aimerait précisément qu’il ne s’arrête jamais.

Camille Monin

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2 thoughts on “En Août de Jenna Hasse”

  1. Cette adorable petite frimousse en dit long… Triste et poignante histoire.. Si peu de temps pour un souvenir indélébile, le vrai reflet de la vie. Dommage que le grand public ne puisse profiter de ces 9 minutes qui laisseraient bon nombre songeur !

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