Du 13 au 22 février 2026, le festival Regards Satellites célèbre sa 4e édition avec une programmation particulièrement riche en courts métrages, entre rétrospectives, avant-premières et programmes thématiques.
Parmi les temps forts du côté des formats courts : Leyla Bouzid présentera deux de ses films – Mkhobbi fi kobba (Soubresauts) (2011) et Zakaria (2013) – qui éclairent la genèse de son cinéma, entre tensions intimes et fractures politiques, ainsi que sa dernière œuvre présentée à la Berlinale, À voix basse. La théoricienne et cinéaste Laura Mulvey sera également mise à l’honneur avec notamment deux de ses courts, Amy! (1980) et Frida Kahlo and Tina Modotti (1982), prolongeant ses réflexions sur le regard et la représentation.
La rétrospective Pedro Pinho inclura un programme de courts produits par Terratreme (Quando a Terra Foge, Altas Cidades de Ossadas, Tudo o Que Imagino, Maria do Mar), témoignant d’une fabrique cinématographique résolument collaborative.
Côté documentaire, le cycle « Nouveaux regards documentaires » accordera une place centrale aux formes courtes contemporaines :
● Le Ciné-club du Collectif 50/50 autour de films comme Grands garçons (Chriss Itoua), Au bain des dames (Margaux Fournier) et Frágil como una bomba (Tomas Cali) ;
● Un autre programme réunissant trois films venus du monde francophone où les cinéastes questionnent leur place dans la narration : Berthe is Dead But It’s Ok (Sacha Trilles), +10k (Gala Hernández López) et Chaos et café froid (Joséphine Reboh).
Le focus consacré à Pierre Mazoyer (directeur de la photographie) proposera également quelques courts (S’il-vous-plaît arrêtez tous de disparaître, Going on Seventeen, Conte cruel de Bordeaux, Tout casser), mettant en lumière le travail des cheffes opératrices dans la jeune création.
L’hommage à Peter Watkins reviendra sur ses premiers films – dont le rare The Web (1956) – dans un programme consacré à ses années formatrices, tandis que l’« Écran libre » d’Amandine Gay remettra à l’écran Les Princes noirs de Saint-Germain-des-Prés (Ben Diogaye Beye, 1975), film court essentiel et trop peu montré.

À cela s’ajoutent les programmes jeune public (dont Esprit(s) rebelle(s), sélection de six courts pour les plus petits) et plusieurs avant-premières où le court dialogue avec le long.
Au-delà des formats courts, cette 4e édition déploie également une série d’avant-premières très attendues, parmi lesquelles Une année italienne de Laura Samani, Aisha Can’t Fly Away de Morad Mostafa ou encore Affection affection d’Alexia Walther et Maxime Matray, affirmant son attention aux nouvelles voix du cinéma national et international. Deux hommages structurants viendront également rythmer le festival : l’un consacré à Peter Watkins, l’autre à Andrzej Wajda, dont les premières œuvres seront remises en perspective.
L’ouverture, le vendredi 13 février, sera marquée par la projection d’Écrire la vie : Annie Ernaux racontée par des lycéennes et des lycéens de Claire Simon, en présence de la cinéaste et sous réserve d’Annie Ernaux, un geste inaugural qui place d’emblée cette édition sous le signe du dialogue entre générations et de la circulation des récits.
Paul Esquerré

