Lorsque le cinéma s’endimanche, il ne se pare d’aucun costume taillé sur mesure ni d’aucune cravate frivole, autrement dit il ne s’encombre pas de signes apparents du rituel social, dans l’attente des réjouissances religieuses ou du bal populaire. Ses habits sont plutôt ceux d’un vagabond sans âge, marchant à travers la ville pour marquer au sol la trajectoire déviante du monde. Les temps auraient-il changé ? Affirmatif. Les temps ne sont plus aux rites vitalisés mais aux rythmes lents des existences sans finalités, dégonflées, grisâtres. Le dimanche, non plus que le jour du Seigneur, est le jour du vide à combler.
Le Festival Millenium qui se tiendra à Bruxelles du 8 au 14 juin réunit une cinquantaine de films documentaires réalisés par des cinéastes indépendants qui s’investissent pendant des années, prennent des risques, se remettent en question pour nous livrer leur vision créative, sensible et authentique du monde.
Stimulé par le sens de l’éthique et les sujets politiques, l’ancien reporter de guerre Jens Assur, repéré avec « The Last Dog in Rwanda », Grand Prix de la compétition internationale à Clermont-Ferrand 2007, revient au court métrage avec « Killing the Chickens to Scare the Monkeys », présenté en mai à la Quinzaine des Réalisateurs. Derrière un titre inspiré par un proverbe chinois, le film montre la vie quotidienne d’une jeune femme prisonnière d’un système qui la dépasse.
Une fois n’est pas coutume, un focus personnalisé apparaît sur le site entre deux sujets de festivals. Jonas Odell, suédois d’origine et animateur de métier, fait jouer son imaginaire et ses talents d’images dans ses travaux, qu’ils soient des commandes (publicités, clips) ou des projets personnels (documentaires animés).