Cutaway de Kazik Radwanski

Fiction, expérimental, 7’, 2013, Canada, Medium Density Fibreboard Films

Synopsis : Un moment dans la vie d’un jeune homme solitaire qui travaille comme ouvrier, entretient des relations avec des femmes, et passe au travers d’un événement qui change sa vie. Au plus près des mains et des objets qu’il manipule, ce film dépeint intimement l’incertitude et la perte.

Après avoir fait ses débuts au Festival de Locarno l’an passé et être passé par le Festival du nouveau cinéma à Montréal (où nous l’avons découvert) et Clermont-Ferrand, « Cutaway » de Kazik Radwanski, jeune réalisateur originaire de Toronto, oscillant entre le court et le long, revient nous faire un clin d’oeil en raison de sa récente mise en ligne.

Formellement passionnant, « Cutaway » propose en une durée restreinte (7 minutes) une succession de plans et de gestes d’un jeune homme, ouvrier de son état, dont seules les mains sont filmées. Dédié au père du réalisateur, le film est construit autour de plans de coupe (d’où son titre) liés au quotidien et à la solitude de l’homme représenté. L’émotion naît peu à peu, le spectateur étant amené à fixer ces moments simples, au travail, à la pharmacie, au café, dans les transports, chez le gynécologue et à tendre l’oreille alors que les mots et les sons viennent à manquer au même titre que les repères visuels habituels.

Véritable expérience de cinéma, « Cutaway » est un film important qui réussit à provoquer de l’empathie alors qu’il ne repose sur aucun dialogue et visage. Son montage, sa durée, sa simplicité formelle et son climax en font un film poignant au plus près de l’intime.

Katia Bayer

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