Retour en images sur la séance Format Court de mars

Jeudi 13 mars 2014, notre séance mensuelle au Studio des Ursulines (Paris, 5ème) accueillait une programmation « Spécial Brest » consacrée au Festival Européen du Film Court de Brest. La projection fut suivie d’une rencontre avec Fabienne Wipf, directrice du festival, de Gudmundur Arnar Gudmundsson (réalisateur islandais de « Hvalfjordur »), de Chema García Ibarra et Leonor Díaz (réalisateur et directrice artistique/coproductrice espagnols de « Misterio », Prix Format Court à Brest) et de Bérenger Thouin (réalisateur français de « Guillaume le Désespéré »). Voici les photos de la soirée, proposées par l’objectif de Laura Bénéteau.

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Avec Fabienne Wipf, directrice du Festival Européen du Film Court de Brest

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Avec Leonor Díaz et  Chema García Ibarra, directrice artistique/coproductrice et réalisateur (« Misterio »)

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Avec Gudmundur Arnar Gudmundsson, réalisateur (« Hvalfjordur »)

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Avec Bérenger Thouin, réalisateur (« Guillaume le Désespéré »)

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Concours Audi talents awards, appel à projets

Créé en 2007, le programme de mécénat culturel Audi talents awards a pour vocation de détecter et soutenir des talents émergents. Les candidats ont jusqu’au 31 mars 2014 – date de clôture du concours – pour déposer leurs projets dans les catégories « court métrage », « musique à l’image », « desig n» et « art contemporain ». Le jury – composé de personnalités parmi lesquelles des ambassadeurs Audi – désigneront le 1er juin 2014 les lauréats, lors de la délibération finale à Paris.

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Les projets doivent être en accord avec l’une des valeurs phares de la firme, “l’avant-gardisme”, tout en gardant une parfaite indépendance vis-à-vis du secteur automobile. A la clé, un accompagnement complet pour les lauréats pour finaliser leurs projets.

Le concours est gratuit et ouvert à toute personne majeure francophone résidant en France métropolitaine. Les candidats sont invités à retirer les dossiers de candidatures en ligne, puis à les déposer ou à les envoyer à l’agence événementielle d’Audi France, Double2, 34 rue Eugène Flachat, 75017 Paris.

BD6Né, Film Noir Festival : soutenez-les !

Les membres de Format Court aiment le court métrage et le prouvent en créant leurs propres festivals ! Julien Savès et Julien Beaunay sont à l’origine du festival BD6Né, le premier festival entièrement consacré aux apports de la BD dans le cinéma. Quant à Géraldine Pioud, elle est à l’initiative de la première édition du Film Noir Festival, seul et unique festival consacré au film noir en France. Ces deux festivals fêtent leurs deux ans cette année. Tous deux ont lancé des campagnes sur Ulule, le site de financement participatif, et ont besoin d’appuis pour maintenir leur équilibre fragile et financer leur projet. Soutenez-les : même 5 euros peuvent faire la différence !

Le festival BD6Né, dont la deuxième édition aura lieu du 4 au 6 avril à Paris, Nanterre et St Ouen, n’a plus que trois jours pour compléter sa campagne. 80% du projet est financé, aidez-le à atteindre leur objectif !

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De son côté, le Film Noir Festival vivra également sa deuxième édition dans quelques mois, du 27 au 30 novembre 2014 ,en région parisienne. Lancée il y a seulement deux jours, la campagne n’en est qu’à son début (3% de son objectif). N’hésitez pas à le soutenir, lui aussi !

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Brussels Short Film Festival, les films sélectionnés en compétition internationale

Le 17ème Brussels Short Film Festival aura lieu du 23 avril au 3 mai prochain. Trois compétitions s’y inscrivent : l’internationale, la nationale (films belges) et Next Generation (courts d’écoles). Voici d’ores et déjà la liste des films qui concourront en compétition internationale.

Compétition internationale

8 Ay – Hüseyin Aydin Gürsoy – Turquie
9 meter – Anders Walter – Danemark
Anacos – Xacio Baño – Espagne
Ballen – Janne Schmidt – Pays-Bas
Belinda Beautiful – Marianne Blicher – Danemark
Bishtar Az Do Saat– Ali Asgari – Iran
Boles – Spela Cadez – Slovénie
Canada – Nicolas Leborgne, Sophie Thouvenin – France
Ce l’hai un minuto? – Alessandro Bardani – Italie
Chigger – Ale Miguel Llanso – Espagne
Closure – Ling Low – Malaisie
Democracia – Borja Cobeaga – Espagne
Ennui Ennui – Gabriel Abrantes – France
Esa Música – Dario Vejarano – Colombie
Folk Kjøper Blomster – Morten Haslerud – Norvège
Keys of Heaven – Hamy Ramezan – Iran
La Femme de Rio – Nicolas Rey, Emma Luchini – France
La lampe au beurre de Yak de Hu Wei– Chine, France
La Maison de poussière – Jean-Claude Rozec – France
La Virée à Paname – Carine May, Hakim Zouhani – France
Le Ballon de rouge – Sylvain Bressollette – France
Le pays qui n’existe pas – Cécile Ducrocq – France
Lettres de femmes de Augusto Zanovello– France
Maiden – Stephen Kanaris – Australie
Man kann nicht alles auf einmal tun, aber man kann alles auf einmal lassen – Marie-Elsa Sgualdo – Suisse
Mémorable moi – Jean-François Asselin – Canada
Metube: August sings Carmen ‘Habanera’ – Daniel Moshel – Autriche
My Circumcision – Arne Ahrens – Allemagne
Next Exit – Ben Goodger – Royaume-Uni
No Kissing – Manuel Arija de la Cuerda – Espagne
Nyuszi és Őz – Péter Vácz – Hongrie
Once Upon A Time In the Shed – Barnaby Dixon – Royaume-Uni
Penny Dreadful – Shane Atkinson – Etats-Unis
Plimbare – Mihaela Popescu – Roumanie
Pride – Pavel G. Vesnakov – Bulgarie
Punch – Daniel Crowe – Royaume-Uni
Quelqu’un d’extraordinaire – Monia Chokri – Canada
Red Hulk – Asimina Proedrou – Grèce
Retention – Thomas Kruithof – France
Selma – Mohamed Ben Attia – Tunisie
Sequence – Carles Torrens – Etats-Unis
Sexy Dream – Christophe Le Masne – France
Shopping – Vladilen Vierny – France
Solecito de Oscar Ruiz Navia, Colombie, Danemark, France
Stand-by Me – Martijn de Jong – Pays-Bas
Stew & Punch – Simon Ellis – Royaume-Uni
Supervenus – Frédéric Doazan – France
The captain – Nash Edgerton & Spencer Seusser – Australie/Etats-Unis
Un Lugar Mejor – Marisa Crespo – Espagne
Voluntario – Marco Rico Javier – Espagne
Xe Tai Cua Bo – Mauricio Osaki- Brésil

Nouveau Prix Format Court au Festival de Brive

Le mois prochain, Format Court attribuera un nouveau prix à l’un des 25 films sélectionnés aux Rencontres européennes du moyen-métrage de Brive. Le Jury Format Court (composé de Katia Bayer, Zoé Libault, Camille Monin, Géraldine Pioud et Marc-Antoine Vaugeois) élira le meilleur film de la compétition (films de fictions, expérimentaux et documentaires). Le moyen-métrage primé bénéficiera d’un focus spécial en ligne et sera programmé lors d’une séance Format Court organisée au Studio des Ursulines (Paris, 5ème).

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Sélection officielle 2014

‘A IUCATA de Michele Pennetta, Suisse

ANIMAL SÉRÉNADE de Béryl Peillard, France

ANOTHER HUNGARY de Nagy Dénes, Hongrie

BOY de Julie Madsen, Danemark

D’OÙ QUE VIENNE LA DOULEUR de Khalil Cherti, France

ENNUI ENNUI de Gabriel Abrantes, France

EXTRASYSTOLE de Alice Douard, France

IL EST DES NÔTRES de Jean-Christophe Meurisse, France

JOANNA de Aneta Kopacz, Pologne

LES JOURS D’AVANT de Karim Moussaoui, France-Algérie

KARAOKÉ DOMESTIQUE de Inès Rabadan, Belgique

KK (THE GIRL WITH THE DOG) de Wiktor Ericsson, Suède

THE LOVE EQUATION OF HENRY FAST de Agniesza Elbanowska, Pologne

MAHJONG de João Pedro Rodrigues & João Rui Guerra da Mata, Portugal

MÉTAMORPHOSES de Shanti Masud, France

OCÉAN de Emmanuel Laborie, France

PAPA OOM MOW MOW de Sébastien de Fonseca, France

PEINE PERDUE de Arthur Harari, France

PETIT MATIN de Christophe Loizillon, France

PRIDE de Pavel G. Vesnakov, Bulgarie

SHADOW OF A CLOUD de Radu Jude, Roumanie

SHOOT ME de Narges Kalhor & Benedikt Schwarzer, Allemagne

SUNNY de Barbara Ott, Allemagne

TANT QU’IL NOUS RESTE DES FUSILS À POMPE de Caroline Poggi & Jonathan Vinel, France

TOUT CE QUE TU NE PEUX PAS LAISSER DERRIÈRE TOI de Nicolas Lasnibat, France

Short Screens #36: H/histoire(s)

Par sa capacité à reproduire, réinterpréter et réinventer ce qui a été, le cinéma est l’art le plus à même de faire revivre ce qui n’est plus. Six récits taillés dans la douleur et la beauté, ouvrent les fenêtres du passé et transgressent les frontières entre réel et imaginaire. Une programmation éclectique et internationale où des petites histoires côtoient la grande Histoire!

Un projet à l’initiative de l’asbl Artatouille et FormatCourt.com.

Jeudi 27 mars à 19:30 au Cinema Aventure, Bruxelles.

PROGRAMMATION

DER DA VINCI TIMECODE de Gil Alkabetz
Allemagne / 2009 / expérimental / 3′

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Dans ce film, une image est isolée afin de créer une animation basée sur ses détails. Divers fragments de cette image, avec pour points communs des formes similaires, nous permettent de découvrir des mouvements secrets.

Articles associés : la critique du film, l’interview de Gil Alkabetz

GIMKA UND GOLKA UND ICH de Susanne Weck
Belgique / 2012 / documentaire / 27′

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« Voici Gimka et Golka. Elles sont amies et vivent en Afrique. Venez avec elles! Elles veulent nous montrer et nous raconter leur vie… » (Gimka et Golka)
Étant enfant je rêvais de ce monde, maintenant j’y suis allée. Le film sera une interprétation sur ma rencontre avec mes deux héroïnes d’enfance, une tentative de rencontre entre un monde imaginé au travers d’un livre d’enfance et une réalité perçue.

HISTORY OF THE WORLD IN THREE MINUTES FLAT de Michael Mills
Canada / 1980 / animation / 3′

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Charmante petite histoire du monde en 3 minutes.

RASHTRIY KHEER & DESIY SALAD de Pushpamala N
Inde / 2004 / fiction / 11′

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Pushpamala N. aborde l’identité nationale de l’Inde à travers le portrait d’un famille idéale de classe moyenne durant les années 50 et 60. Le titre, qui signifie Pudding National & Salade autochtone, fait référence aux deux plats représentant les couleurs du drapeau national symbolisant les différentes communautés du pays, unies en célébration du jour de l’indépendance.

THE HISTORY OF LIFE de James Todino
Royaume Uni / 2013 / animation / 2′

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Une épopée historique de science-fiction combinant animation, art et monologue poétique pour créer un récit profond, exaltant et sans complaisance sur l’Histoire de l’Humanité et sa disparition potentielle.

LES JOURS D’AVANT de Karim Moussaoui
Algérie, France / 2013 / fiction / 47′

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Dans une cité du sud d’Alger, au milieu des années 90. Djaber et Yamina sont voisins mais ne se connaissent pas. Pour l’un comme pour l’autre, il est si difficile de se rencontrer entre filles et garçons qu’ils ont presque cessé d’y rêver. En quelques jours pourtant, ce qui n’était jusque là qu’une violence sourde et lointaine éclate devant eux et modifie à jamais leurs destins.
Prix Format Court au Festival du Film francophone (FIFF), Namur 2013

Articles associés : la critique du film, l’interview de Karim Moussaoui

Jiminy de Arthur Môlard

Citation documentaire, filtre vert, musique classique. Les premiers moments du film de Arthur Môlard ressemblent à beaucoup de propositions plus ou moins adroites du cinéma de science-fiction, notamment françaises. Mais, à l’instar de « Juke-box » de Ilan Klipper et de « L’homme qui avait perdu la tête » de Fred Joyeux, deux autres films de la sélection du dernier Festival de Clermont-Ferrand, « Jiminy », propose une vision décalée de la folie face à une normalité défaillante.

Nathanaël (Benjamin Brenière), le héros du film ouvre les yeux, une voix lui parle, posant au spectateur une première question de cinéma : d’où vient donc cette voix intérieure, manifestement celle d’un homme plus âgé ?

La question de cinéma trouve une réponse de science-fiction. La voix provient d’une prothèse « futuriste mais pas tant que ça », appelée le « criquet » que l’on s’implante dans le cerveau afin d’être assisté dans la vie courante, à la manière d’un GPS. Cerise technologique sur le gâteau, la chose peut prendre le contrôle du corps pour les tâches répétitives. On voit donc le héros conduire les yeux fermés dans une scène glaçante dès le début du film.

Nathanaël, dépanneur de criquets, est appelé pour aider des parents ayant équipé leur fils autiste, Oscar (Victor Boulenger). Cas de conscience pour le héros : aidera-t-il plus le fils autiste en lui retirant son criquet, ce qu’il n’a pas le droit de faire, ou devra-t-il faire le jeu pervers des parents souhaitant un enfant idéal en réparant son criquet, ce qui est dangereux pour Oscar ?

La mise en perspective vertigineuse de la figure du dépanneur renvoie immédiatement à son rapport omnipotent vis-à-vis de l’informatique moderne, connectée, celle qui connaît tout de nos vies en temps réel et pour laquelle, parfois, il est question, sinon de vie et de mort, au moins d’un suivi précis de toute notre vie.

Une autre mise en perspective intéressante est la présentation de plusieurs malades accro à la technologie. L’idée est reprise ici mais est traditionnelle du cyberpunk (le fameux mouvement de SF moderne fondé par l’écrivain William Gibson et qui aboutira à « Matrix »).

Denis Lavant interprète justement un de ces malades les plus hauts en couleurs face à l’impressionnante Marie-Stéphane Cattaneo, jeune comédienne jouant au millimètre une figure de médecin opiniâtre.

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Le concept de transformer le corps en gadget et les pensées en informations peut sembler extrême. Aussi, la force du film de Arthur Môlard est de réussir à nous expliquer simplement et à nous convaincre franchement de l’intérêt de son astuce grâce à un grand dépouillement utilisé comme un atout et qui n’est pas sans rappeler « Bienvenue à Gattaca » d’Andrew Niccol (1997). Surtout, la grande force du film est d’insister, non sans ironie, sur les conséquences de la prolifération d’une telle technologie, à savoir les dangers de l’addiction qu’elle suscite.

L’addiction ne se fait plus via les objets dans « Jiminy », mais via les promesses de modifications de la réalité. Le film entre ainsi clairement dans la science-fiction non technologique et se rend accessible malgré son réseau de références riches. Outre la beauté de sa photo et de sa musique, le film réussit à exposer son univers singulier et sourdement violent avec suffisamment de légèreté pour renvoyer le spectateur à sa propre conscience. C’est finalement un peu le sens de l’astuce de son titre, « Jiminy », venant de « Jiminy cricket », la conscience du « Pinocchio » de Walt Disney.

Georges Coste

Consultez la fiche technique du film

Article associé : l’interview de Arthur Môlard

Arthur Môlard : « Ce qu’on voulait faire, c’était se réapproprier la pauvreté de nos moyens, en enlevant une part du décorum technologique de la science fiction et en faisant du corps humain le gadget lui-même. »

L’humain et la machine entretiennent des relations particulières dans « Jiminy », un court métrage de science-fiction avec notamment Denis Lavant. Le film réussit le tour de force de rendre crédible un univers de science-fiction avec les moyens actuels du court métrage. Comment y parvient-il ? Quelles ont été ses sources d’inspiration ? Voici quelques réponses d’Arthur Môlard, son réalisateur.

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Au début de ton film, tu nous expliques en images le concept principal : un nouveau gadget, le criquet, fournit une voix intérieure qui nous assisterait dans la vie courante. On se surprend à trouver l’idée utile, voire éventuellement attirante. Puis, quand on voit les personnages malades, on hésite.

L’idée c’était ça. Au début, il fallait que le spectateur ait envie de posséder cette technologie, puis qu’il en ait peur au fur et à mesure du film. Ça suit le cheminement du héros.

Pourquoi ton héros s’appelle Nathanaël ?

Ça vient d’une nouvelle d’Hoffman qui nous a inspirée : « L’homme de sable ». Michael Powell et Emeric Pressburger l’ont adaptée au cinéma dans « Les contes d’Hoffmann ». C’est l ‘histoire d’un homme, Nathanaël, qui tombe amoureux d’une femme, Olympia, qui se révèle finalement être un automate. On a abordé la nouvelle au sens allégorique : notre héros tombe en quelque sorte amoureux d’une technologie qui fait de lui un automate.

Dans Jiminy, la marionnette serait donc le personnage d’Oscar, un enfant autiste à qui ses parents ont greffé un criquet, une bonne conscience. On se rapproche plus de « Pinocchio » du coup ?

Effectivement, l’histoire de Pinocchio est évoquée à travers cet enfant autiste qui est utilisé comme une marionnette par ses parents alors qu’il voudrait simplement être un enfant normal. Grâce au criquet, les parents d’Oscar font de lui un robot, une espèce de caricature d’enfant idéal.

Dans « Pinocchio », Jiminy cricket est la bonne conscience du héros. On a trouvé intéressant et ironique de donner le nom de Jiminy à une entreprise qui fournit, en quelque sorte, une « conscience artificielle » aux individus. C’est aussi pour ça qu’on a appelé cette puce électronique un « criquet » – on trouvait que le mot « criquet » sonnait bien.

Une publicité à l’atmosphère « familiale » revient à plusieurs reprises pendant le film. Peux-tu nous en dire plus ?

En fait, la pub redouble l’histoire du film. Même les commentaires en voix-off peuvent être interprétés comme des commentaires sur l’histoire du film.

C’est mon co-scénariste Teddy Jacquier qui a eu l’idée que la publicité se déroule entièrement au sein d’une famille. L’idée principale, c’était une partie de colin-maillard : comme le gamin qui a le foulard sur les yeux est équipé d’un criquet pour l’assister, il ne heurte aucun obstacle. A la fin de la pub, son criquet le ramène vers sa mère, et la voix-off dit : « Parce que le chemin le plus sûr nous ramène toujours vers ceux qu’on aime. » On peut y voir un commentaire ironique sur l’histoire d’Oscar, l’enfant autiste : son criquet l’empêche d’échapper à l’emprise de ses parents.

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Les commentaires de la publicité se retrouvent dans le discours d’Oscar à la fin du film.

On s’est dit que c’était important que la publicité « Jiminy » « scande » le film. Elle revient trois fois et, à chaque fois, elle a un sens différent. A la fin, Oscar est en mode automatique, et il débite les slogans de cette publicité. Tragiquement, son corps est devenu un simple relais, une espèce de « magnétophone humain ».

C’est également le sens du Rubik’s cube qu’on voit à plusieurs reprises dans le film. A la fin du film, le Rubik’s cube est entièrement jaune. On peut tourner le Rubik’s cube dans n’importe quel sens, on gagne à chaque fois. Mais d’un autre côté, il n’y a plus de jeu, ça n’a plus aucun intérêt.

Ce Rubik’s cube est une métaphore de l’enfant idéal : effectivement, le criquet crée un enfant parfait ; mais il n’y a plus de fausses routes, plus de déviances ou d’erreurs de trajectoire, et donc, quelque part, plus d’humanité. C’est, à mon sens, le plus grand risque que présenterait un système d’assistance tel que celui-là.

Quelle machine t’a inspiré pour ce constat ? Le GPS et sa voix qui guide ?

Le GPS, c’est forcément inspirant, c’est très drôle. L’idée d’une voix qui nous guide vient forcément de là. Après, on voulait aussi que cette voix ressemble à celle d’un majordome : bienveillant mais pas trop intrusif. Il fallait que ce soit une voix qu’on accepterait d’entendre dans sa tête, à qui on ferait naturellement confiance. Il y avait un équilibre à trouver, car dès que la voix paraissait trop ingérente, trop paternaliste, on s’est rendu compte que ça ne fonctionnait plus. Il ne fallait pas que le spectateur se dise : « ça doit être insupportable à vivre au quotidien. »

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Comme pour la voix, le côté informatisé de ton univers transparaît de manière invisible, induit par ce qu’on devine derrière les objets. Il y a notamment un « mode automatique » où le criquet prend le contrôle du corps des personnages. Comment as-tu choisi ta manière de montrer ça ?

Ce qu’on voulait faire, c’était se réapproprier la pauvreté de nos moyens, en enlevant une part du décorum technologique de la science fiction et en faisant du corps humain le gadget lui-même. Par exemple, quand le héros conduit sa voiture les yeux fermés, finalement, son criquet fait de lui un prolongement de la machine.

C’est ça qu’on trouvait intéressant. On nous demande parfois pourquoi Nathanaël conduit les yeux fermés : si le volant de sa voiture bougeait tout seul, est-ce que ça ne serait pas plus simple ? Mais ce qui nous plaisait, c’était précisément ce renversement : que ce soit notre propre corps qui devienne la machine, l’outil, le gadget.

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D’où la tragédie pour Nathanaël à la fin, quand ça ne fonctionne plus.

Oui, mais du coup, la remise en question est positive. Il ne s’en rend pas compte tout de suite mais, en lui arrachant son criquet, on l’a forcé à se réapproprier son corps.

Le manque de moyens a-t-il influencé d’autres choix esthétiques ?

Les petits accessoires comme les élastiques viennent du manque de budget. Avec des moyens, on aurait gardé les élastiques – que j’apprécie pour l’analogie avec les fils de la marionnette -, mais on aurait pu rendre ça plus intéressant visuellement.
J’aimais bien l’idée de prendre des objets très prosaïques, issus du quotidien, et les tirer vers la science-fiction. J’aime bien tout ce qui est SF fait de bric et de broc – comme « L’armée des 12 singes » de Terry Gilliam.

L’idée, c’est que, dans notre société futuriste, la haute technologie s’est totalement miniaturisée, elle a presque disparue parce qu’elle s’est fondue dans le réel. Je pense que c’est l’avenir de la technologie : les technologies se miniaturisent à un point tel qu’elles finiront forcément par disparaître.

Dans notre film, la technologie n’est plus visible et au final, si on s’en tient à ce qu’on voit, à la surface des choses, c’est exactement comme si le film se déroulait à notre époque.

A l’opposé de cet aspect lisse qui touche les personnages bien portants, j’ai eu le sentiment que les malades sont plus « rugueux », Denis Lavant en est l’exemple parfait.

C’est tout à fait ça. D’un côté, on a les personnages en mode automatique, à qui on a essayé de donner un côté « pantin » : Oscar, par exemple, devait avoir l’air lisse – notre référence, c’était l’enfant-robot joué par Haley Joey Osment dans « A.I. » de Steven Spielberg. De l’autre côté, on a les personnages qui n’ont plus de criquet, et à qui on a essayé de donner un côté plus organique, plus rugueux. C’est aussi pour ça que Denis Lavant était idéal dans le rôle. C’est vraiment un corps, une gueule… en plus d’être un acteur extraordinaire !

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Marie-Stéphane Cattanéo qui joue Claire, la médecin, joue un personnage qui se tient à la frontière entre ceux qui utilisent à profit cette technologie et ceux qui en sont les victimes. Comment l’as-tu choisie ?

Je l’ai choisie d’abord parce que c’est une très bonne actrice. Elle est intelligente et ça se voit. Et, mine de rien, c’est très dur de jouer l’intelligence quand on n’est pas soi-même intelligent. C’est quelque chose dans le regard. Ensuite, elle a un côté rassurant, très humain. C’est ce dont notre personnage masculin avait besoin.

Pour continuer à développer l’univers que tu présentes dans ton court-métrage, tu as en projet une série télévisée plutôt qu’un long-métrage. Pourquoi ce choix et comment comptes-tu garder la limpidité de ton récit sur une longue période ?

Pendant l’écriture du court-métrage, on s’est posé la question des origines et des fondements de notre univers, et de tous ses possibles narratifs. La série, pour ça, c’est un boulevard, un espace de liberté.
Ce qu’on veut raconter dans la série, c’est l’histoire d’une famille qui se disloque à cause de cette nouvelle technologie. On veut voir les personnages évoluer progressivement dans leurs rapports à leur criquet, chacun à leur manière. Certains vont tellement évoluer qu’arrivés à un certain point, on ne les reconnaîtra plus – un peu à la manière de ce qu’ils ont fait avec Walter White dans « Breaking bad ». Une transformation psychologique aussi importante exige du temps et de nombreuses étapes pour être crédible et admise par le spectateur. Le support de la série TV offre le temps nécessaire pour ce type de trajectoire.

Pour finir, quel est ton avis sur la Google Glass, les lunettes ajoutant une « surcouche » virtuelle dans le champ de vision des utilisateurs afin de les assister dans la vie courante ? C’est une innovation qui ressemble un peu au criquet ?

Je trouve ça passionnant. Il y a de très bons courts métrages sur ce principe là, comme « Sight ». On pourrait très bien imaginer, à terme, une interface virtuelle qui permette de remodeler en direct le monde qu’on regarde, de transformer tout ce qui est un peu moche dans notre quotidien en quelque chose de plus esthétique… Ce serait l’équivalent d’un I-pod visuel ! Ça poserait évidemment des questions éthiques et sociales : chacun vivrait dans sa propre bulle et verrait quelque chose de différent de son voisin.
Dans « Jiminy », c’est une voie qu’on a pensé emprunter à un moment du développement du scénario, mais on s’est rapidement dit que c’était en trop. Ce que voit le personnage, on a délibérément décidé de ne pas le montrer, parce qu’on s’est dit que ça nous emmenait vers autre chose, un autre sujet.

Propos recueillis par Georges Coste

Article associé : la critique du film

Consultez la fiche technique du film

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Fiche technique

Synopsis : Dans un proche futur, la plupart des gens se font implanter un « criquet » dans le cerveau : une puce électronique qui leur permet de basculer en « mode automatique ». Nathanaël, un réparateur de criquets, fait face à un dilemme moral lorsque les parents d’un jeune autiste lui demandent de pirater la puce de leur fils.

Genre : Fiction

Durée : 20′

Pays : France

Année : 2013

Réalisation : Arthur Môlard

Scénario : Teddy Jacquier, Arthur Môlard

Son : Grégoire Moussard, Florian Tirot

Musique : Nicolas Laferrerieù

Montage : Romain Brunetti, Jeoffrey Pilaud

Interprétation : Benjamin Brenière, Caroline Bal, Marie-Stéphane Cattaneo, Denis Lavant, Vincent Furic, Victor Boulenger, Raphaël Almosni, Bertrand Chamerois

Production : 3iS

Articles associés : la critique du film, l’interview de Arthur Môlard

Rappel. Soirée Format Court, « Best of Brest », ce jeudi 13 mars 2014 !

Le magazine en ligne Format Court vous convie à sa nouvelle séance « Spéciale Brest », ce jeudi 13 mars 2014, à 20h30, au Studio des Ursulines (Paris, 5ème). Venez découvrir lors de cette soirée une sélection de six courts métrages sélectionnés (et pour certains primés) lors de la dernière édition du Festival Européen du Film Court de Brest, en novembre 2013. La projection sera suivie d’une rencontre avec Fabienne Wipf, directrice du festival et de nombreux professionnels français et étrangers : l’islandais Gudmundur Arnar Gudmundsson (réalisateur de « Hvalfjordur »), les espagnols Chema García Ibarra et Leonor Díaz (réalisateur et directrice artistique/coproductrice de « Misterio », Prix Format Court à Brest), le français Bérenger Thouin (réalisateur de « Guillaume le Désespéré ») et le britannique Bugsy Riverbank Steel (réalisateur de « Locked Up »).

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En pratique

► Séance : Jeudi 13 mars 2014, à 20h30. Accueil : 20h.

► Consultez le programme en ligne. Durée de la séance : 90′

► Adresse : Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris

► Accès : RER B Luxembourg (sortie rue de l’Abbé de l’Épée), BUS 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon)

► Entrée : 6,50 €

Réservations vivement conseillées : soireesformatcourt@gmail.com

Les César, Cannes, Brest & Brive

Il y a dix jours, Format Court était invité aux César pour goûter de curieuses choses au wasabi, admirer la vue depuis le toit du Théâtre du Châtelet, voir s’enchaîner les émotions et les bides sur scène, s’incruster au Fouquet’s, essayer de rester discret et posé devant Mathieu, Scarlett, Roman, Adèle, Jérémy, Niels, Quentin et les autres.

Les courts métragistes n’étaient pas en reste, mélangés aux autres (humoristes moyennement drôles, comédiennes stylées, professionnels narquois, …). Le court métrage a eu droit à son lot de clichés habituels (si il y a bien quelque chose qui ne change pas aux César, c’est bien les jeux de mots infinis sur le court). Visiblement émus, Xavier Legrand et Amélie Harrault, tous deux récompensés pour « Avant que de tout perdre » et « Mademoiselle Kiki et les Montparnos », ont fait preuve de plus de sobriété en précisant que leurs – premiers – films avaient réclamé du temps (trois ans pour le premier et cinq pour la deuxième). Car oui, rappelons-le, les films courts nécessitent des années avant de se terminer et ne sont pas forcément les petits frères des longs, malgré les clichés prononcés par les remettants des César. Si vous avez raté ces deux films de qualité ou si vous souhaitez juste les revoir, Format Court vous propose de les visionner en ligne : « Avant que de tout perdre » est consultable ici (jusqu’au lundi 10 mars inclus. Vite !) et « Mademoiselle Kiki et les Montparnos » (sans restriction de date, par contre).

Restons sur la paillette. On l’a appris en fin de semaine. Abbas Kiarostami présidera le Jury des courts métrages et de la Cinéfondation lors du prochain Festival de Cannes. Après Atom Egoyan, Michel Gondry, Jean-Pierre Dardenne et Jane Campion (qui devient Présidente du festival cette année), le réalisateur iranien s’intéressera, avec ses co-jurés, aux films d’écoles et aux meilleurs courts métrages réalisés et produits aux quatre coins de la planète. Le choix Kiarostami est salutaire tant la renommée du réalisateur de « Où est la maison de mon ami ? », « Ten » et « Le Goût de la cerise » n’est pas à revoir et éclairera un tant soit peu la forme courte d’école étudiante et professionnelle, peu visible à Cannes, en comparaison avec le long métrage. Il y a deux ans, au moment du Festival de Golfe de Dubaï, nous avions rencontré le réalisateur, parrain du projet de la Cinéfondation avec Martin Scorcese. Aujourd’hui, deux mois avant le festival, nous vous invitons à re(découvrir) cet entretien dans lequel le court métrage et les réalisateurs de demain occupent une bonne place.

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Avant d’en savoir plus sur Cannes dans les prochaines semaines, évoquons le présent et un autre festival. Notre prochaine soirée de courts a lieu ce jeudi 13 mars 2014, à 20h30 au Studio des Ursulines (Paris, 5ème). Elle est consacrée au Festival Européen du Film Court de Brest. L’an passé, nous avions attribué pour la première fois un prix dans ce festival de courts métrages réputé pour ses sélections opérées par Massimiliano Nardulli, le programmateur artistique. À l’époque, nous avions décerné notre prix à « Prematur » de la norvégienne Gunhild Enger. Fin 2013, nous avons remis un nouveau prix Format Court, cette fois à « Misterio » de l’espagnol Chema García Ibarra, un réalisateur à l’univers singulier et fantastique qui s’était distingué par le passé avec ses précédents films « Protoparticulas » et « El ataque de los robots de Nebulosa-5 », sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs 2009.

Au même titre que les autres Prix Format Court, « Misterio », sélectionné également à Berlin, Sundance ou Court Métrange, fait l’objet d’une projection en salle, dans le cadre de nos séances mensuelles. C’est ainsi qu’il est programmé dans une soirée Format Court spécialement consacrée au Festival de Brest, fruit du partenariat entre les deux structures, qui fait suite à la séance Best of Brest, organisée l’an passé. Lors de cette soirée à laquelle nous vous invitons à nous rejoindre, six courts métrages sélectionnés à Brest cette année (et même primés pour certains), seront projetés en présence de Fabienne Wipf, directrice du festival et plusieurs réalisateurs français et étrangers dont Chema García Ibarra. Nous vous invitons donc à bloquer la date de ce jeudi dans votre bel agenda, à venir découvrir des films magnifiques, forts et décalés et à rencontrer des auteurs d’ici et d’ailleurs : l’islandais Gudmundur Arnar Gudmundsson (dont le film « Hvalfjordur », sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes 2013 en était reparti avec une Mention spéciale), les espagnols Chema García Ibarra et Leonor Diaz, le français Bérenger Thouin et le britannique Bugsy Riverbank Steel.

Enfin, pour faire le lien avec les Prix Format Court, nous vous annonçons la création d’un nouveau partenariat avec les Rencontres européennes du moyen-métrage de Brive. Depuis quelques années, nous mettons en avant de nombreux moyens métrages sur notre site et/ou en salle : « Marseille la nuit »  de Marie Monge, « Utan Snö » de Magnus von Horn, « Vilaine fille, mauvais garçon » de Justine Triet et même « Avant que de tout perdre » de Xavier Legrand. Nous en récompensons même certains en festival : « Les Jours d’avant » de Karim Moussaoui (Festival International du Film Francophone de Namur 2013), « Le Monde à l’envers » de Sylvain Desclous (festival de Vendôme 2012) et « Pour la France » de Shanti Masud (au même festival, mais en 2013). Lors de notre séance brestoise cette semaine, un moyen métrage – film d’école par ailleurs – fait également partie de notre programmation : « Die Schaukel des sargmachers » d’Elmar Imanov, lauréat du Grand Prix du film court de la Ville de Brest 2013.

À Format Court, nous sommes de plus en plus interpellés et séduits par le moyen métrage, permettant aux auteurs de développer leurs histoires, d’approfondir leurs personnages et de nourrir leurs mises en scène. Comme pour les autres prix, le film primé par le Jury Format Court (composé de Katia Bayer, Zoé Libault, Camille Monin, Géraldine Pioud et Marc-Antoine Vaugeois) bénéficiera d’un focus en ligne et sera programmé dans le cadre des soirées Format Court. Plus d’informations à venir sur ce nouveau prix ce vendredi 14 mars 2014, au lendemain de la conférence de presse de Brive révélant les titres des films en compétition.

D’ici là, bonne semaine à tous et vive le court métrage !

Katia Bayer
Rédactrice en chef

Le Jury 2014 de la Cinéfondation et des Courts métrages

Après Jane CampionMichel Gondry et Atom Egoyan, c’est au tour de Abbas Kiarostami de prendre la présidence du Jury 2014 de la Cinéfondation et des Courts métrages du prochain festival de Cannes. Le réalisateur et scénariste iranien sera entouré de Noémie Lvovsky (France), Daniela Thomas (Brésil), Mahamat-Saleh Haroun (Tchad) et Joachim Trier (Norvège).

Les trois Prix de la Cinéfondation (films d’étudiants d’écoles de cinéma du monde entier) seront annoncés par le Jury, jeudi 22 mai 2014, lors d’une cérémonie qui sera suivie de la projection des films primés.

Le même Jury désignera également la Palme d’or du Court métrage qui sera remise lors de la cérémonie du Palmarès, samedi 24 mai.

Pour information, il y a deux ans, Format Court avait rencontré le réalisateur de « Où est la maison de mon ami » et du « Goût de la cerise » pendant le festival du Golfe de Dubaï. Revoici son interview.

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Soirée Bref n°152, mardi 11/03 : Entremêler le vrai et le faux

Si le fait d’entremêler le vrai et le faux renvoie, d’une certaine façon, à presque tout le cinéma, le recours au numérique, avec la perfection des trucages et des retouches qu’il permet, offre au doute et à l’illusion de nouvelles perspectives. Associer animation et prises de vue réelles peut aussi bien permettre la mise en parallèle de deux mondes qu’inventer la capitale cubaine du futur avec un réalisme saisissant. On peut aussi emprunter une autre rhétorique du documentaire pour donner des accents de vérité à une biographie imaginaire, renouant ainsi avec une tradition du fantastique. Il y a bien sûr mille et une façons d’entremêler le vrai et le faux. En passant de la tendresse à l’humour, de la fantaisie à la gravité, cette sélection de films récents en offre un bel aperçu. Jacques Kermabon

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Programmation

L’HOMME QUI AVAIT PERDU LA TÊTE de Fred Joyeux /2014 / couleur / 9 mn / projection numérique. Réalisation, scénario, image, montage, animation et voix off : Fred Joyeux – Son et musique : Jérémie Morizeau – Interprétation : Vimala Pons, François Morel et Anne Alvaro – Production : Valérie Contet et Fred Joyeux.

Alain a perdu la tête… C’est quoi le nom de la maladie déjà ? Alain est un film d’animation documentaire reconstituant l’histoire vraie d’Alain de Filippis.

THE RINGER de Chris Shepherd/Royaume-Uni & France / 2013 / 17 mn / projection numérique. Réalisation : Chris Shepherd – Scénario : Chris Shepherd, Sébastien Ors et Nicolas Schmerkin – Image : Simon Tindall. Son : Ollie Davis, Andy Humphreys et Tim Surrey – Montage : Justine Wright – Musique : Oliver Davis – Interprétation : Kieran Lynn, John Henshaw, Nicolas Gerard- Martin, Dave Sommer, Milo Quinton et Priscilla Adade – Production : Autour de minuit et Polkadot Ltd.

Un homme rencontre son père pour la première fois. On pourrait s’imaginer qu’ils vont rattraper le temps perdu et que le fils va tout apprendre sur son passé. Mais il n’est pas au bout de ses surprises.

LA PART DE L’OMBRE d’Olivier Smolders /France & Belgique / 2013 / 28 mn / projection numérique. Réalisation, montage : Olivier Smolders – Scénario : Olivier Smolders et Thierry Horguelin – Images : Jean-François Spricigo – Son : Marc Bastien, Melissa Petitjean – Musique : Oliver Davis – Interprétation : Benoît Peeters, Marie Lecomte, Tatiana Nette, Bouli Lanners, Marcel Moreau, Pierre Lekeux, Joseph Fallnhauser, Anaël Snoeck – Production : Yuzu Productions et Les Films du Scarabée.

Le jour du vernissage d’une importante exposition de ses oeuvres, le 4 janvier 1944, le photographe Oskar Benedek a disparu sans explication. Plus de soixante ans plus tard, une enquête révèle son étrange destin.

HABANA d’Édouard Salier /2013 / 22 mn / projection numérique. Réalisation : Édouard Salier – Image : Mathieu Plainfossé – Montage : Alexandro Rodríguez – Décors : Franck Limon Duparcmeur – Production : Autour de minuit.

Dans un futur proche, la ville de La Havane est occupée par une force armée étrangère. Une visite guidée par Lazaro, un gamin du ghetto, permet de saisir le chaos qui règne au sein de la capitale.

En pratique

Séance Mardi 11/03, séance à 20h30
MK2 Quai de Seine – 14 Quai de la Seine – 75019 Paris
M° Jaurès ou Stalingrad – Tarif : 7,90 € (cartes illimitées acceptées)

Xavier Legrand : « Je suis contre le pathos mais pas contre l’émotion, au contraire. Ce n’est pas parce qu’on ressent une émotion forte que c’est pathétique »

Il a remporté le César du Meilleur Court Métrage vendredi passé après avoir fait un superbe parcours en festival, notamment à Clermont l’an passé (Grand Prix, Prix du Public et Prix Télérama). Le premier film de  Xavier Legrand, « Avant que de tout perdre », évoque la violence conjugale, la peur et les non-dits, sous la forme d’un thriller extrêmement efficace. Comédien avant d’être réalisateur, Xavier Legrand revient sur son parcours, son intérêt pour la dramaturgie, la prise en charge de l’émotion et son écriture plus adaptée au cinéma qu’au théâtre.

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Tu as suivi une formation au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris. Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir comédien ?

Je fais du théâtre depuis l’âge de 10 ans et je suis rentré dans une compagnie semi-professionnelle quand j’en avais 12. J’ai aussi eu l’occasion de mettre en scène des petites formes et donc de diriger des acteurs. J’ai toujours aimé diriger les acteurs et les regarder répéter. Je ne suis pas là que pour jouer, j’aime aussi regarder un acteur qui commence, qui apprend son texte, qui développe le parcours de son personnage.

Du Conservatoire à aujourd’hui, le travail que j’ai pu mener avec les différents metteurs en scène avec qui j’ai travaillé m’a donné une conscience de la dramaturgie et un plaisir de travailler sur des textes, des mises en scène et des propositions très différents. Ça a aiguisé et éduqué mon analyse dramaturgique.

À coté de ça, j’ai toujours eu un amour pour la littérature et l’écriture. Je me suis essayé assez tôt à l’écriture du théâtre mais c’était très compliqué pour moi. Je ne suis pas un poète. Mon écriture était une écriture d’image. Je me suis tout de suite senti plus à l’aise à écrire un scénario. J’ai mis du temps à m’y mettre, car j’étais souvent en tournée. « Avant que de tout perdre » m’a pris trois ans. Au bout de ces trois années, je suis arrivé à un résultat satisfaisant. Je me suis dit qu’il fallait en faire un film et c’était moi qui devais le faire. Je n’arrivais pas à le céder à quelqu’un d’autre.

À quel moment la question de la dramaturgie t’est devenue importante ?

Je ne pourrais pas te définir un moment précis. En tant qu’acteur, on se pose des questions dramaturgiques. J’ai une scène à jouer, mon personnage a les pieds mouillés, il sort, ses vêtements sont déchirés. Qu’est-ce qui s’est passé ? Par où, comment est-il passé ? Qu’est-ce qu’on va montrer ou non ?

Tout ça fait partie du travail de l’acteur, la dramaturgie doit être partagée avec l’acteur. Il n’y a pas que des sentiments, c’est bien d’être conscient. En tant qu’acteur, j’aime avoir conscience de la dramaturgie. Je pense que c’est pour ça que naturellement, j’ai eu envie aussi de construire ma propre dramaturgie. Certains metteurs en scène avec qui j’ai travaillé plusieurs fois ont vraiment développé ça chez moi.

Qui par exemple ?

Christian Schiaretti, le directeur du Théâtre National Populaire de Villeurbanne, Julie Brochen, Christian Benedetti. Voilà trois metteurs en scène qui ont une vraie conscience dramaturgique, une construction particulière.

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Quand on trouve des gens de ce calibre-là, a-t-on plus envie de travailler d’une certaine manière et d’aller chercher des idées nouvelles pour composer son personnage ?

Bien sûr. Ils ont une vision, une vue aérienne de la pièce, comme si la pièce était au dessus de nous. Je me suis aperçu que dans le travail d’« Avant que de tout perdre », c’est exactement ce que j’ai fait avec les acteurs. Il était très important qu’ils sachent comment j’allais les filmer. Chaque plan était expliqué aux acteurs avant qu’on tourne. Ils savaient très bien comment ils étaient cadrés et c’était important pour moi qu’ils sachent que l’émotion, c’était moi qui la prenait en charge dans la façon dont j’avais écrit le scénario, et que ce n’était pas à eux de la jouer.

Dans ma façon d’écrire, je sais déjà comment je vais filmer les scènes. Pour te donner un exemple, lorsque dans une scène, Miriam (Léa Drucker) sait que son mari est là et qu’elle descend pour lui apporter le chéquier, au lieu de demander à l’actrice d’avoir peur, je lui ai dit de ne pas s’occuper de ça, mais de jouer : d’être essoufflée, de peiner à accrocher ton badge, de remonter sa fermeture éclair, de souffler, d’ouvrir la porte et de dire bonjour. Elle n’avait que ça à jouer. En la filmant de dos, peinant à accrocher son badge, remettre ses cheveux, l’entendre souffler, je savais que c’était nous, spectateurs, qui allions ressentir cette émotion-là et qu’il ne fallait surtout pas qu’elle la joue.

Tu as évoqué l’écriture non poétique. Pourquoi est-ce qu’« Avant que de tout perdre » n’aurait pas pu se faire dans un cadre théâtral ?

Parce que je pense qu’au théâtre et particulièrement en France, on a besoin d’une langue. Quand on regarde tous les auteurs, surtout contemporains, Koltès, Lagarce, il y a un langage que le poème est obligé de prendre en charge. À l’opposé, je suis dans l’action et dans la visualisation des gestes. Peut-être que j’arriverai plus tard à écrire pour le théâtre mais j’aime lire les textes, j’aime les dire. Les écrire avec une vraie langue, je ne m’en sens pas capable. Et ça se voit dans mon scénario. Il n’est pas du tout un support littéraire, c’est un support technique, pour l’image.

Le film marche à la tension, c’est une sorte de film à suspense. Pourquoi était-ce important d’en faire un thriller surtout pour un premier film ?

En fait, je ne me suis pas dit que j’allais faire un film d’action. C’est le sujet vraiment qui m’a intéressé. À la base, je voulais parler de la famille et notamment de la maison, du symbole de la maison. C’est le premier plan de mon film d’ailleurs. La maison, le foyer, c’est l’endroit où on est censé être le plus en sécurité et on s’aperçoit dans les faits divers que c’est sans doute celui où on est le plus en danger.

Mon intention première était donc de parler de la maison. Qu’est-ce qui s’y passe pour qu’on y soit en danger ? La violence conjugale est une des premières violences intrafamiliales, une des plus répandues qui fait qu’aujourd’hui une femme meurt tous les deux jours et demi en France. C’est une sorte de meurtre en série qui se passe au quotidien à coté de nous et qui ne s’arrête pas.

Quand je me suis penché sur ce sujet, je me suis aperçu que c’était une violence cachée à la fois par l’auteur – qui ne dit pas clairement qu’il bat sa femme – et par la victime qui a honte. Ça se passe toujours derrière la porte, entre quatre murs. On ne sait rien, les femmes se taisent, elles ont peur de partir, de prendre la décision de fuir. Il y a quelque chose de très étouffé et caché.

Je me suis demandé comment ne pas tomber dans le pathos de tous ces films qui traitent de la violence conjugale en montrant un mari qui rentre chez lui, qui est de mauvaise humeur ou qui a des suspicions sur sa femme et qui la frappe. Je me suis dit qu’il ne fallait pas que je montre cette violence et pour cela que je la sorte du foyer. L’idée de la fuite de la femme, de l’espace public et du supermarché est venue par la suite.

Comment as-tu évité le pathos ?

Il était important pour moi de bousculer les gens. Je suis contre le pathos mais pas contre l’émotion, au contraire. Ce n’est pas parce qu’on ressent une émotion forte que c’est pathétique. Ce qui l’est par contre, c’est quand on en fait trop, quand l’émotion est amenée par trop de fioritures, des choses qui sont trop grotesques ou tellement insupportables qu’elles n’en sont plus réelles ou qu’elles mettent à distance. Je ne voulais pas que le spectateur soit mis à distance, mais qu’il soit complètement dans l’histoire pour qu’il comprenne.

Est-ce que tu as vu « La Peur, petit chasseur » de Laurent Achard ?

C’est intéressant que tu m’en parles parce que Bénédicte Dujardin, mon assistante à la mise en scène, m’en a parlé et me l’a fait découvrir. Au premier rendez-vous de travail sur la découpe, je lui ai dit comment je voyais la première scène et elle m’a demandé si j’avais vu ce film. Je ne le connaissais pas. Quand je l’ai vu, j’ai été frappé par la similarité entre le film de Laurent Achard et le mien. Il y a la chasse, le chien, le plan large, de loin, le petit garçon aussi, même le linge étendu. J’ai été bouleversé par ce film. Je serais très curieux de rencontrer son réalisateur.

Quel a été l’apport d’Alexandre Gavras, ton producteur (KG Productions) ? Est-ce qu’il est beaucoup intervenu sur le projet ?

Je le lui ai fait lire sans savoir qu’il allait me produire, parce que à mes yeux, Alexandre était réalisateur. Je ne savais pas qu’il était producteur et il pensait que je lui demandais de réaliser le film. Je voulais juste avoir ses retours. Il m’a dit : « À qui tu penses ? ». Je lui ai répondu : « À personne, s’il doit être tourné un jour, ça sera par moi ». Et il m’a dit : « Dans ce cas, je te produis ».

On a fait un dossier de financement, on a un petit peu réécrit le scenario. Il m’a aidé à dégraisser le film, ensuite il m’a donné quelques conseils au moment de la première version de mon découpage. Il a fallu que je clarifie la façon dont je voyais les choses. Alexandre m’a donné la confiance que j’étais capable de le faire.

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© ‎Julien Ti-i-Taming

C’est la première personne à qui tu as soumis ton projet ?

Ça faisait trois ans que je l’écrivais, je ne l’avais jamais fait lire à personne. Au bout d’un moment, devant mon ordinateur, je me suis dit : « Je n’avance plus, il faut que j’aie des retours ». Et puis, j’étais curieux et je me sentais prêt à le faire lire. Je l’ai montré à quelques amis comédiens, à des proches, et à Alexandre avec qui je venais de travailler au théâtre. En fait, c’est un peu le producteur qui m’est tombé dessus.

Comédien ou réalisateur, quel est ton lien au court métrage ?

J’ai déjà travaillé sur des courts. Dans le cadre du Conservatoire, j’ai travaillé sur des courts avec la Fémis. J’ai tourné dans certains courts, on m’a proposé des projets que j’ai refusés parce que je ne trouvais pas les scénarios très intéressants. J’ai sans doute aussi appris à écrire en lisant de mauvais scénarios. Mais même moi, j’ai écrit des choses très mauvaises pour arriver à des choses dont j’étais content !

Mon rapport au court est aussi lié à mon ami Alexandre Zeff, qui est acteur et réalisateur. On est sorti du Conservatoire en 2005, on était un peu lâchés dans la nature, au chômage, avec d’autres amis de promotion, on a loué une voiture, on est parti pendant trois semaines au bord de la mer et on a essayé de tourner plein d’images. On s’est retrouvés avec des rushes, il n’y avait pas de scénario. Je n’étais qu’acteur dedans, mais comme on était un petit groupe, on mettait la main à la patte sur tous les postes. Quand Alexandre a réussi à auto-produire son premier court, j’étais dedans, et il me faisait lire des scénarios. Il y avait déjà un rapport au court métrage qui fait partie de mon travail en tant qu’acteur et qui était un peu aussi le passage obligé en tant que réalisateur.

Quel que soit le format en tant qu’acteur, c’est le projet qui compte, c’est le sujet, le personnage, la vision du metteur en scène qui va me séduire et me sembler pertinente. Que ce soit court ou long, je fais des choses dans lesquelles je me retrouve et que j’ai envie de raconter. Je suis actuellement sur un projet de long mais il n’est pas impossible que je retourne sur un court métrage si le sujet l’exige.

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Le long est en lien avec le sujet du court?

Oui, c’est un sujet tellement vaste qui me pose plein de questions et que j’ai envie de creuser.

Via l’écriture et la réalisation, as-tu pu trouver des réponses aux questions que tu pouvais te poser dès le départ sur le sujet ?

C’est une question très intéressante. Les questions que je pose et auxquelles le film a peut-être répondu, c’est à quel point le sujet touche tout le monde. C’est la réaction des spectateurs qui est pour moi la plus importante. On voit que les gens sont de près ou de loin touchés par la violence conjugale et à l’issue des projections, de nombreuses personnes m’ont confié qu’elles avaient eu un lien direct ou indirect avec ça. Ça m’a éclairé sur le fait que le problème perdure parce qu’on a pas du tout encore compris comment l’aborder. Ça dépasse des histoires de couple, c’est vraiment une histoire de mœurs, de construction de notre société et un problème de clichés sur les genres. Après, je ne sais pas comment arrêter ce phénomène. On vit à côté, on essaye de trouver des solutions mais elles ne fonctionnent pas et ça continue. C’est le triste bilan que je fais.

Après ce film, tu es revenu au théâtre. Est-ce que l’expérience du film t’a permise de mieux appréhender tes rôles ?

Les deux se sont nourris. Le travail d’acteur au théâtre et au cinéma n’est pas tout à fait le même. Le fait d’être réalisateur et de jouer à la fois au théâtre, ça se répond et ça se fait écho. C’est un autre répertoire, un autre contenu, d’autres esthétiques et d’autres gens. Toutes ces choses sont liées mais je les fais les unes après les autres. Chaque expérience fait que je gagne en confiance pour la prochaine.

Le nouveau projet de long, il a déjà un nom?

Non, il n’a pas de titre. Je suis très mauvais pour les titres.

Et pour « Avant que de tout perdre » ?

Je suis tombé dessus très tard. Le titre est tire d’une citation de Roger Allard. Quand je l’ai vu, je me suis dit : « Wahou ! C’est exactement ça ! ». Je ne suis pas prêt de trouver un titre pour mon long !

Propos recueillis par Katia Bayer. Retranscription : Arnbjörn Rustov

Oscars 2014, côté courts

Trois films courts (animation, fiction, documentaire) ont remporté la statuette prisée ce weekend lors de la 86ème cérémonie des Oscars. Voici les lauréats.

Oscar du Meilleur court-métrage d’animation : Mr Hublot réalisé par Laurent Witz et Alexandre Espigares (Luxembourg, France)

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Cliquer sur l’image pour voir le film en ligne

Synopsis : Mr Hublot est un vieux garçon célibataire qui mène une petite vie bien réglée dans son petit appartement de banlieue regorgeant de gadgets en tout genre. Hublot est bourré de toc, de manies, effrayé par le monde extérieur, reclus sur lui-même. Il déteste le changement et les imprévus. Il a d’ailleurs trouvé une parade très efficace à cela : ne jamais sortir de chez lui ! L’arrivée du chien Robot Pet va chambouler les habitudes de Mr Hublot, contraint et forcé de faire vie commune avec ce nouveau compagnon très envahissant…

Oscar du Meilleur court-métrage de fiction : Helium réalisé par Anders Walter et Kim Magnusson (Danemark)

Synopsis : Un garçon mourant trouve du réconfort dans les histoires d’une terre magique appelé Helium, raconté par le concierge de l’hôpital.

Oscar du Meilleur court-métrage documentaire : The Lady in Number 6 : Music Saved My Life réalisé par Malcolm Clarke et Nicholas Reed

Synopsis : À l’âge de 109 ans, Alice Herz Sommer est la plus ancienne pianiste du monde … et la plus ancien survivante de l’Holocauste. Au cœur de sa remarquable histoire de courage et d’endurance, il y a sa passion pour la musique.

Prochaine soirée Format Court : Best of Brest, jeudi 13 mars 2014 !

Le magazine en ligne Format Court vous convie à sa nouvelle séance « Spéciale Brest », ce jeudi 13 mars 2014, à 20h30, au Studio des Ursulines (Paris, 5ème). Venez découvrir lors de cette soirée une sélection de six courts métrages sélectionnés (et pour certains primés) lors de la dernière édition du Festival Européen du Film Court de Brest, en novembre 2013. La projection sera suivie d’une rencontre avec Fabienne Wipf, directrice du festival et de nombreux professionnels français et étrangers.

Programmation

Hvalfjordur de Gudmundur Arnar Gudmundsson. Fiction, Islande, Danemark, 15’, Frae Films, Fourhands film, Sagafilm, Mailand-mercado films, 2013. Mention spéciale //Compétition officielle au Festival de Cannes 2013. Prix européen du Conseil Régional de Bretagne 2013 au Festival de Brest 2013. En présence du réalisateur

Synopsis : Le film dépeint une relation étroite entre deux frères vivant avec leurs parents dans un fjord reculé.

Articles associés : la critique du film, l’interview du réalisateur

Misterio de Chema García Ibarra, Fiction, 11’30’’, Espagne , Autoproduction. Sélectionné à la Berlinale 2013, au Festival de Sundance 2014, Prix Format Court au Festival de Brest 2013. En présence du réalisateur et de Leonor Díaz, directrice artistique et coproductrice

Synopsis : On dit qu’en collant son oreille sur sa nuque, on entend parler la Vierge.

Articles associés : la critique du film, l’interview du réalisateur

Miniyamba de Luc Perez. Animation, France, Danemark, 14’47, 24 Images, Bezzo Productions, 2012. Mention spéciale du Jury Média et Prix du Jury Jeune au Festival de Bruz 2013

Synopsis : Abdu, un jeune Malien, a décidé de gagner l’Europe. Un voyage du fleuve Niger aux barbelés de l’enclave de Ceuta, où les rêves se confrontent à la dure réalité des migrants, avec au loin les lumières de l’Occident.

Articles associés : la critique du filml’interview du réalisateur

Guillaume le Désespéré de Bérenger Thouin. Fiction, France, 13’15 », ENS Louis-Lumière, 2013. Sélection au Festival de Clermont-Ferrand 2013. En présence du réalisateur 

Synopsis : C’est l’histoire d’un homme qui va traverser la guerre de 14-18 comme une furie.

Locked Up de Bugsy Riverbank Steel. Fiction, Royaume-Uni, 7′, autoproduction, 2013. En présence du réalisateur (sous réserve)

Synopsis : Trois braqueurs de banque se retrouvent prisonniers dans la voiture qui devait leur permettre de s’enfuir.

Article associé : la critique du film

Die Schaukel des sargmachers d’Elmar Imanov. Fiction, Allemagne, 30′, 2012, Internationale Filmschule Köln. Grand Prix du film court de la Ville de Brest 2013

Synopsis : Yagub vit avec Musa, son fils handicape mental, avec qui il perd vite patience, jusqu’au jour où le docteur lui annonce une nouvelle dévastatrice qui entraine un changement soudain.

Article associé : le reportage consacré au Festival de Brest

En pratique

► Séance : Jeudi 13 mars 2014, à 20h30

► Durée du programme : 90′

► Adresse : Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris

► Accès : RER B Luxembourg (sortie rue de l’Abbé de l’Epée), BUS 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon)

► Entrée : 6,50 €

► Réservations vivement conseillées : soireesformatcourt@gmail.com

César 2014 : « Avant que de tout perdre » et « Mademoiselle Kiki et les Montparnos » primés !

Ce vendredi 28 février, avait lieu la 39ème cérémonie des César. Lors de la soirée, deux César ont été attribués à deux courts métrages, l’un en fiction, « Avant que de tout perdre » de Xavier Legrand (également en lice pour les Oscar 2014) et l’autre en animation, « Mademoiselle Kiki et les Montparnos » d’Amélie Harrault. Pour rappel, ces deux premiers films avaient été projetés lors de nos séances Format Court, en présence des équipes.

Avant que de tout perdre : César du Meilleur Court Métrage

Synopsis : Julien a dix ans. Il fait mine de se rendre à l’école mais se cache sous un pont, son cartable rempli de vêtements. À quelques kilomètres, Joséphine, 15 ans, fait de même et attend le bus.

À lire :

L’interview de Xavier Legrand

– La critique du film 

À voir :

– Retour en images sur la séance Format Court de septembre

Mademoiselle Kiki et les Montparnos : César du Meilleur Court Métrage d’Animation

Synopsis : Kiki de Montparnasse était la muse infatigable des grands peintres avant-gardistes du début du XXe siècle. Témoin incontestable d’un Montparnasse flamboyant, elle s’émancipera de son statut de simple modèle et deviendra reine de la nuit, peintre, dessinatrice de presse, écrivain et chanteuse de cabaret.

À lire : 

– L’interview de Amélie Harrault

 – La critique du film 

À voir :

 

Retour en images sur les séances Format Court de janvier (anniversaire) et février (Court Métrange)

Aujourd’hui, 13 mars, a lieu notre séance mensuelle consacrée au Festival de Brest, organisée au Studio des Ursulines, à Paris. L’occasion pour nous de revenir en arrière sur nos deux dernières projections de courts, celle du 16 janvier (séance anniversaire « 5 ans ») et celle du 13 février (Spéciale Court Métrange), en présence des équipes présentes. Voici les photos de ces deux soirées, capturées par l’objectif de Zoé Libault et de Laura Bénéteau.

Spéciale « 5 ans »

Avec Julie Rousset, co-réalisatrice de « Us » de Ulrich Totier

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Avec Wendy Griffiths et Stéphane Piera, producteurs de « Skhizein »de Jérémy Clapin (Dark Prince)

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Spéciale « Court Métrange » (février)

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Avec Cédric Courtoux, programmateur à Court Métrange

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Avec Olivier Calmel (compositeur de « L’Art des Thanatier ») et Renaud Bajeux (ingénieur sonore de « Peau de chien »)

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